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Des secrets sur les bovidés connus seulement des vrais pasteurs peuhls

A travers son œuvre intitulée « la femme, la vache , la foi » Alfa Ibrahim Sow a magnifié la fusion du peuhl / vache.
Pour le peuhl, la vache est l’Alpha et l’Oméga, le prestige et la raison de vivre. Si vous pensiez tout connaitre de la vache la suite vous surprendra.
Les anciens peuhls étaient animistes et adoraient les éléments de la nature. Trois éléments en particulier avaient leur préférence. Il s’agit du soleil, de la vache et du feu en pular ‘’naangue’’ ‘’naggue’’ et ‘’hiite ‘’.
Quand une vache vêle hors de la concession de son maitre, le veau est difficile à retrouver. Chez les peuhls, on pense qu’elle l’a confié aux esprits. Il faut alors observer l’animal dans ses déplacements pour récupérer le petit.
Chez les peuhls, la vache est comme un membre de la famille et comme tel, il lui est souvent attribué un nom affectueux. Ce nom peut dépendre de la couleur de sa robe ou de l’espoir qu’on place en elle. Des noms ‘’laheguen ‘’ la noire ou ‘’dioma wouro’’ le maitre du cheptel peuplent les troupeaux.
La chair des bœufs n’étaient consommée qu’une fois savamment séchée. Une telle mesure visait à faire oublier la perte de l’animal chéri.
A la prime enfance des bœufs, les bergers leurs murmuraient des incantations à l’oreille. Ces mots les empêchaient de suivre les voleurs de bétail. Parfois même après avoir vendu un bœuf ,le berger devait rompre la protection pour que l’animal suive l’acheteur.
Un bœuf dont la robe est tachetée n’était pas immolée par n’importe quel homme. Il fallait avoir un certain niveau de connaissances pour le mériter.
Dans leur divagation, si les bœufs tombent sur un espace servant habituellement à une immolation bovine, ils reniflent le sol et meuglent.Ce meuglement est plaintif et est different des habituels cris qu’ils poussent


Hier encore j’étais une fille

Lui, on l’appelait E… et il venait d’un cocon familial très ancré dans la hiérarchie sociale. La vingtaine et en deuxième année de fac. Brillant, sans vices, il collectionnait et brisait les cœurs.
Elle, avait 4 ans de moins et venait d’entrer au lycée. Jeune fille bien éduquée, jusque là sans problème et sans le moindre copain. Chose plutôt rare à son âge.
Les deux s’étaient rencontrés au hasard d’un bal nocturne. E…avait pris les devant et avait dragué J…, poliment mais fermement elle l’avait éconduit.
E… était drôle, cultivé, charmeur et faisait chavirer le cœur de toutes les filles, y compris dans l’entourage de la fille. Ce dernier détail avait pesé dans la balance, le vent avait tourné et les deux tourtereaux s’étaient mis ensemble.
De J…tout le monde avait jusque là l’image d’une fille modèle. Comme l’amour sait faire des miracles ,un jour elle décida de l’inviter en famille.
Ce soir presque tout le monde avait un rencart. J… voulait marquer son territoire alors elle sortit le grand jeu. Une tranche de bœuf savamment cuisinée accompagnée de frites et un jus au gingembre était au menu. Une soirée en tête à tête avec celui qui venait de dompter son cœur .Vu tout le mal qu’elle se donnait, elle était amoureuse. Ça crevait les yeux.
C’était les vacances et E… et J… mirent du cœur dans leur relation au point de la rendre fusionnelle, nécessaire . Elle était aveuglée par ses sentiments, tandis que pour lui, il y avait le contraste. Aimant un jour, détestant l’autre jour, frivole un jour et fidèle le jour d’après.
Cette inconstance rongeait J mais elle s’en accommodait par amour. Dans ses bras, elle oubliait tout.
Un jour une dispute éclata entre les amoureux et ils boudèrent pendant une semaine. Est ce sur demande de J… ou non, Med se proposa de jouer les médiateurs. Med était le cousin de E… et le voisin de J…
Pour la seule fois de l’histoire J… était ‘’coupable’’. Son crime, avoir donné son numéro à un autre jeune homme. Simple orgueil de mâle et J… en avait bavé.
Med avait averti de son passage. Il frappa à la porte ,et E… répondit l’invitant à entrer, derrière il y avait J, maladroite et hésitante . ça, son cousin ne lui en avait pas parlé.
Ils prirent place et Med regretta le coup de froid au sein du couple avant de demander pardon au nom de J… Fini promit E… qui pour convaincre le médiateur, enlaça longuement la jeune fille .Rien à dire elle était sexy. Med n’avait plus rien à faire là, ses bons auspices avaient abouti. Il s’en alla.
Cette nuit, il y eut peu de mots, un lecteur crachait des salves de slow. Les amoureux ne se firent pas prier pour jouer aux jeux interdits et bientôt de se découvrir dans leur tenue d’Eve. Ils étaient en osmose. Seconde après seconde, ils touchèrent le 7ème ciel, ensemble.
L’instant était si magique qu’elle sentit à peine l’irréparable se produire. J… en fut triste, sanglota se reprit avant de lâcher : « j’espère que je n’aurai jamais à regretter cet acte ».
La nuit se poursuivit toujours en silence. A l’aube, c’est elle qui le réveilla pour qu’il la raccompagne. A pied c’était l’histoire de 10 minutes. Elle renfila ses habits, il fit de même, bras dessus dessous, ils prirent le chemin empruntant le bus 11. Le trajet aussi se fit en silence.
Derrière la concession familiale de la jeune fille , ils s’étreignirent une nouvelle fois avec fougue. Elle se dégagea subtilement, il le fallait, l’appel du muezzin déchirait l’aube.
Au moment pile d’ouvrir le portail de son domicile, elle fixa le jeune homme droit dans les yeux et lui dit : « ce soir en venant chez toi j’étais une fille, en y revenant je suis une femme… »
A ces mots, elle disparut dans la nuit laissant son amant médusé. Les mots fille et femme s’entrechoquaient dans la tête du garçon et leur poids était insupportable. La terre s’effondra sous ses pas…


Le Bénin, mon autre patrie

Je crois que j’ai aimé le Bénin à l’instant même où j’ai foulé le sol de Cotonou. C’était une nuit de septembre 2009, peu avant minuit.
Jusque là, ce pays, je ne le connaissais que sur une mappemonde par les leçons d’histoire.
Béhanzin, Glélé, Aboli Agbo, que de noms ressassés des milliers de fois avant d’avoir l’occasion de m’imprégner de leur culture.
J’ai rencontré des gens formidables, accueillants et disciplinés. Aujourd’hui encore, c’est l’image que je garde du Béninois lambda.
Mes pas m’avaient conduit à l’école du patrimoine africain. Nous étions une poignée, un peu en dessous de la vingtaine, venus des quatre coins du berceau de l’humanité. Nos cultures étaient différentes, comme nos langues et très souvent nos cultes aussi. Seul dénominateur commun à notre arrivée, l’amour du patrimoine.
Dans mon imaginaire, Béhanzin avait une pipe .Je ne me souviens plus comment j’ai épousé cette idée, mais j’avoue qu’au contact du sieur Alexis Adandé, l’idée m’a quitté.
Ma passion pour l’histoire des civilisations et le gout de l’aventure agissaient comme une thérapie sur mon âme rebelle.
J’ai vécu à Porto Novo, ville musée, avec sa cathédrale vestige d’un passé négrier. Pendant de longs mois, mon quotidien, c’était le palais du roi Toffa. Sa statue géante, à quelques mètres de là, abrite un restaurant très convivial. C’est là qu’il y a six ans j’ai dû dire au revoir à mes condisciples. Le musée Da Silva, je l’ai vécu comme une frustration mal contenue, je ne me l’explique pas encore aujourd’hui. Est-ce lié au rôle de ces familles dans le trafic négrier ? Peut-être.
Pour rien au monde je n’aurai oublié le musée Adandé. Toutes ces heures qu’on y a passé, cette chaleur, oups ! Frank, comment va le Jardin des Plantes et de la Nature ? Cette ancienne forêt sacrée, qui fut un dépotoir avant d’être ce papillon que tu chéris. Abayi, merci.

Crédit photo:Ousmane Tounkara

Quelqu’un m’avait dit que le Bénin serait ma seconde patrie. Sept ans, après je ne peux que confirmer. Toutes ces émotions avec ma sœur Sonia, mon pote Fall, ces histoires partagées avec Modibo, Simo et Yves Arnaud, cette douceur de Jeanine, la joie de vivre de Francine, Rosaria, pour qui j’étais un ‘’tyran’’. Peut-être que j’en étais un.
Je n’oublierai jamais cette émotion sur la plage de Ouidah, ancien port négrier. Oui, j’ai vu de mes yeux la porte du non retour. Et dire que j’y ai joué au foot, m’y suis baigné. Ce n’est plus la porte du non retour, mais celle de l’Espoir…
Il faut dire qu’il y a eu du plaisir, en ce voyage d’études : les portes mystérieuses de Kétou, les sites d‘Agogointo, véritable forteresse souterraine, les palais royaux d’Abomey, le parc W de la Pendjari et sa diversité d’espèces, les chutes de Tanogou… tant de clichés qui défilent, inexorables, dans ma mémoire.
Je ne saurai parler du Bénin sans parler de sa cuisine.
Je n’étais pas un fin gourmet comme Sandrin, mais j’avais un coup de cœur pour l’igname pilée et l’Atassi , plat de riz fortement épicé accompagné de poisson ou d’un œuf dur. J’en ai l’eau à la bouche.
Ces vendeuses d’oranges et d’ananas avec le sourire et leur dextérité à peler une orange avec une lame de rasoir. C’était charmant, le geste, la précision surtout.
Le charme du Bénin se résume aussi dans les ‘’zemidjan’’, ces taxis motos à l’ouïe fine. ‘’Kekeno’’ faisait – on pour les appeler et deux ou trois faisaient la course pour venir nous prendre.
Une chose m’a aussi marqué chez les béninois, c’est la politesse, ils appellent tout le monde Tonton ou Tantine.
Ces femmes matinales, armées de branches de palmier balayant les rues, une bénédiction. Un geste qui me faisait détester Conakry, capitale poubelle. Le contraste était abyssal.
La plus grande séduction que j’ai eue, c’est l’attachement des béninois à leur culture, la force des croyances.
Le passage nocturne des veilleurs de nuit, les ’’zangbeto’’, tous les samedis, le ‘’egungun‘’ ou revenant que j’ai rencontré un jour et qui m’a pétrifié alors que tout le monde fuyait.
En parlant de ‘’Zangbeto’’ les amis, je pense à Noel Agossou et sa fameuse tirade lors d’un de nos exos au musée d’Adjarra : « où est Zangbeto ? »
Le Bénin, c’est aussi tous ses amis, Imourou, Armel, Armelle, Sonia, Chitou, celui que j’appelle le roi ‘’Toffa’’, Abibêko ! Et tous les autres morts ou vivants. Firmin et Edouard, reposez en paix.
Sonia, merci pour ces jours où tu prenais le groupe en charge.
Toutes ces personnalités que j’ai eues la chance de croiser m’ont transmises leur savoir et leur modestie. Gaël de Guichen, Dieu saura vous rétribuer.
A ma façon aussi, je vendais l’image de mon pays en concoctant du ‘’bissap’’. C’était ce jus obtenu à l’infusion de l’oseille de Guinée, sucré et parfumé.
Que de temps j’ai passé à scruter la nature, depuis ma chambre perchée au troisième. J’occupais la chambre 14, coincée entre celles de Emile et de Gérard.
Le premier était Béninois de Klouekamé, je n’écorche pas, j’espère et le second Tchadien.
En ces moments, j’ai gardé un lien ombilical avec mon pays à travers le phone, mais aussi ce yaourt ‘’Foula’’. J’en ai bu des litres, incapable de résister au sourire ravageur de la jeune fille peuhle représentée sur le pot.
En 2014, quand je suis revenu au Bénin, Sonia et son mari m’en ont apporté. Sacrée Sonia. Quand viendras-tu dans mon pays ? Non ! Ton pays, il y a des choses à partager ici aussi …


Les vieux sont les rois de l’ombre

Les vacances venaient juste de s’ouvrir et le village était inondé de marmots. Les uns joufflus, les autres maigrelets, tous venus passer du temps en famille. Les vacances étaient l’occasion de grandes retrouvailles ,de découverte et de partage.
La famille était grande et le patriarche Soro Bora était intransigeant sur son unité .Il l’était davantage sur la survie des traditions. Depuis deux jours , la fièvre sociale était à son comble. Quelque chose se tramait mais quoi ?
Déjà, la veille un taureau avait échoué dans l’enclos de l’aïeul .
Pour les enfants, c’était là un palpable signe avant coureur de la bombance à venir .Ils en salivaient déjà se promettant de quémander les tripes du bovidé .Mais, s’ils savaient ce qui se tramait ?Peut être qu’ils ne seraient pas là à rêver de tripes.
Le conseil des anciens avait décidé.
Cette année ,ils seraient 20 garçons dont l’âge varie entre 8 et 10 ans qui traverseront l’épreuve du couteau. Une classe d’âge.
En d’autres temps , une classe d’âge se devait solidarité à la vie ,à la mort .C’était alors l’un des enseignements de cette étape initiatique, mais plus maintenant .
Sur le visage des femmes ,notamment les mères présentes pendant c e rituel, joie et inquiétude se jouaient des coudes.
Dans un coin de la case de Soro Bora les ‘’bilas’’, tenues d’initiation s’entassaient dans une calebasse .La présence toutefois de ces bilas éveillait une certaine méfiance chez petits ‘’soliwoi’’ . En pular, ce terme est péjoratif et équivaudrait à petits ‘’ impurs’’.
Les enfants ne le disaient pas mais leur regard puait la méfiance. Pour éviter la fugue des candidats à l’initiation , ils étaient réunis dans une grande case bâtie pour la circonstance.
Pendant les deux mois que durait l’épreuve, chaque ‘’initié’’ devait recevoir une natte pour tout lit. L’initiation était l’occasion d’enseigner le partage la communion et l’endurance aux futurs hommes.
Les ainés assignés à la surveillance étaient désormais le seul trait d’union entre eux et le monde extérieur .
‘’Bari Djely ‘’ quant il viendra à l’aube se fera annoncer par un appel à la prière ou un coup de fusil comme il est de coutume.
… Puis vint l’aube, combat du jour et de la nuit.
Combat surtout de jeunes qui s’apprêtent à prendre le sentier des hommes. Etape essentielle .
Tout semblait à point pour entamer le rituel à cette heure du jour, tout ou presque car ‘’Bari Djely’’ avait commis une erreur, plus qu’une erreur une offense .
Il n’avait pas informé les autres ‘’docteurs ‘’ de la société de son programme.
L’homme prit la direction du ‘’huurgo’’ sorte d’isoloir aménagé pour les bains et ceint d’une haie morte.
Canif en main, il portait un boubou avachi surmonté d’une vareuse de l’époque de la grande guerre.Il ne salua pas, ce qui fit monter le niveau de la frayeur . Le temps de quelques incantations inintelligibles, il s’avança vers le premier môme .Les cœurs battaient à tout rompre.
Pour empêcher les garçons de pleurer une colas leur avait été placée dans la bouche .
Le géant entama la circoncision sans réussir , trois tentatives après rien n’avait changé, le couteau refusait de mordre la chair des garçons. Alors, il se redressa, les yeux écarquillés.
Nul ne savait encore ce qui se passait, nul hormis les candidats à la purification et le purificateur. Son canif avait une histoire ,Plus de 30 générations de garçons lui étaient passées sous la main, jamais rien de tel n’était survenu.
Le silence était lourd, on sentait la panique dans les gestes du géant ,trempé de sueur, l’homme ne tenait plus en place, il se frappait la tête de ses larges paumes comme pour s’auto punir de sa méprise.
Cette déconvenue était un message que lui envoyait les ainés, il était clair comme eau de roche que les ancêtres étaient mécontents .Bari quitta l’isoloir et courut plus qu’il ne marchait, les mains tremblantes.
A son retour, il tenait un majestueux coq rouge et un paquet de colas. C’est au pas de course qu’il prit le chemin du vestibule du patriarche. Ce dernier d’un calme olympien était entouré des notables les plus influents.
Hésitant, Bari salua et à un geste de Soro déposa l’animal et les noix de colas sans lever les yeux. Puis, il s’affala ,les bras joints en croix dans le dos implorant le pardon des sages pour sa méprise. Pour une telle méprise ,c’était la plus simple des sanctions, un coq et des colas, ça aurait pu être un mouton, une chèvre ou même un taureau selon la gravité de l’offense .
Mais le fait de s’être affalé au pied des sages, les mains dans le dos avait pesé en sa faveur et pour cette preuve de ‘’discipline’’,les concernés étaient touchés et ne pouvaient plus que pardonner.
Le temps s’égrenait inexorablement, et les rayons du soleil dardaient déjà le petit village de Tombon .
Comme des moutons de sacrifice, les 20 garçons attendaient , les femmes aussi s’étaient tues .
D’un geste , Soro lui demanda de se relever, ce que Bari fit, il lui indiqua un siège ,il y prit place et le groupe de sages s’entretint en silence .
Le temps suspendit son vol, un furtif coup d’œil échangé, un clignement d’yeux et la petite assemblée s’en remit à la sagesse de Soro.
Alors, toujours en silence, le quinquagénaire pour la première fois ouvrit la bouche . « pars fit-il », de ce geste qui peut paraitre anodin pour un tiers ,ne l’était pas pour autant .De cette phrase si simple dépendait l’équilibre social du village et l’avenir d’un homme.
L’affaire s’était réglée entre initiés, comme le voulait la tradition, et le coupable avait compris, admis son erreur et présenté ses excuses aux ainés, il avait payé le prix du pardon alors la cérémonie pouvait commencer…


Devant la rivalité, la jalousie plie le coeur

A cette époque , les femmes venaient de découvrir les ‘’sere’’. Ces tontines doublées d’une obligation d’entraide mutuelle dans le bonheur comme dans le malheur.

Les Sere proliféraient et les grandes dames avaient toutes ou presque épousé la mode. Chaque sere avait son nom et surtout son uniforme et lorsque des rivales se rencontraient dans un évènement, les artistes et griots présents bénissaient l’instant.

Et voila que Ladji ,un gros Diakanké qui a fait fortune dans le commerce avait deux femmes.
Les deux femmes rivalisaient en beauté, en prestance et chacune était à la tête de son sere . Et comme si partager le même homme ne suffisait plus, il fallait s’affronter dehors.
Un jour, alors que la première épouse Assi était marraine d’une cérémonie de mariage ,un fait
Mais avant de vous dire qu’est ce qu’il s’est passé, je m’en vais rappeler que Ladji était cossu et généreux . A la fin de chaque mois il remettait à chacune de ces épouses une enveloppe de 1000 dollars pour les besoins du ménage.
Donc , le jour du mariage , alors que Assy était marraine ,sa coépouse Kady invitée également se mit sur son 31 et honora l’invitation .A cet instant ni l’une ,ni l’autre ne savait ce qui les attendaient.
Mais les femmes ,quant il est question de rivalité, elles sont dans leur élément et sont prêtes à faire des folies ……..
Le jour j ,rien n’avait été laissé au hasard et les Djely se donnaient à cœur joie.
Dans l’ambiance, les noms se succédaient sur les lèvres des animateurs. Il pleuvait des billets .
L’espace avait été chauffé à blanc et musique et rythme y étaient souverains.
Obséquieux, un animateur appela la marraine.
« mesdames et messieurs, merci de recevoir la grande marraine de ce mariage par vos applaudissements.
En plus d’etre la femme de Ladji dont les largesses inondent le quartier ,elle brille aussi dans le sere ‘’waray nawlaan’’. »
En signes avant coureurs du spectacle imminent ,deux femmes dans l’uniforme du sere de Assy se levèrent pour réclamer plus d’espace.
Les gens obtempérèrent flairant que ça pouvait être le moment crucial de l’évènement.
Le temps, lui-même suspendit son vol.
Et sur un air de Sayon Camara ,pleine de grâce ,Assy fit son entrée au cœur de courtisanes prodigues.
L’une d’elles avait-elle vu la rivale, Kady ?Nul ne le sait .
Mais ce qui est sûr , elles firent forte impression.
Les choses auraient pu s’arrêter là . Auréolée de son triomphe Assy avait le sourire .
Son nom était sur toutes les lèvres. L’animateur surexcité et inspiré appela aussi la seconde épouse de Ladji , Kady .Il y avait de la tension dans l’air.
Elle se leva, elle n’avait certes pas son sere sur place, pour riposter mais avait du cœur et de l’argent . Les 1000 dollars de Ladji entre autre.
Par esprit de neutralité , le dj ramena l’air sur lequel Assy avait dansé.
Seule , Kady prit son élan et commença à esquisser des pas de danse, en direction de la cabine technique. Plus elle avançait, plus des femmes acquises à sa cause venaient grossir le rang. Et comme tout à l’heure l’argent tombait.
Kady n’y alla pas de main morte non plus , d’abord les billets de 5000,puis ceux de 10000 tombèrent et dans la frénésie des louanges ,la bonne dame consciente qu’elle a fait forte impression décida d’abattre son joker.
Le joker dans ce cas avait la forme de 10 coupures de 100 dollars .
10 billets qui firent s’affaisser les dames de compagnie de Assy.10 billets qui arrachèrent l’admiration de l’assistance et l’incrédulité des animateurs. Et oui, la fête était finie ,pas un n’aurait renchérit après cette démonstration de force.
Arborant le sourire du vainqueur Kady reprit sa voiture et rentra. Le sourire aux lèvres mais sans l’argent de la popote.
En trois minutes, le temps d’une chanson elle avait claqué sa dépense mensuelle. Qu’allait- elle dire à Ladji ?……….