rama

La rançon de la honte

C’était lundi premier jour de la semaine, tout le monde ou presque s’affairait à rallier son lieu de travail pour les adultes et l’école pour les jeunes, oui tout le monde sauf le vieux Mory qui venait d’avaler un bol de bouillie de mais dont la cuvée le retenait encore sur sa chaise.
L’homme était un notable de ceux qui servent les citoyens à la mosquée, de tous il était respecté et écouté car pour tous il était un exemple de droiture et une référence qui accomplissait ces obligations religieuses à la mosquée quelque soit la météo.
Jusque là rien ,ni personne n’avait su ternir cette image de sage qu’il présentait.
Ce lundi donc ,la petite Fatou comme à son habitude déambulait entre les concessions, son plateau de beignets sur la tête ,elle racolait les clients. Tout juste 12 ans ,aurait elle été née sous d’autres cieux qu’elle devait être à l’école en ce moment , mais hélas, sa famille est analphabète de génération en génération et personne n’était prêt malheureusement à rompre ce maléfice .
Alors qu’il somnolait sur sa chaise ,Vieux Mory fut tiré de son sommeil par la voix chétive de Fatou « hein !! il n’est pas trop tôt pour déranger les gens ? » fit-il étouffant le reste de sa phrase dans la toison fournie de sa barbe.
Sans mot , Fatou poursuivit son chemin. Quelques pas plus loin, le vieil homme qui avait vu germer une mauvaise pensée dans sa tête la rappela en ces termes : « Fatou !reviens que j’essaye de tes beignets » pendant que Fatou heureuse de dénicher son premier client de la journée hâtait le pas pour venir à sa rencontre ,vieux Mory fit l’effort de se lever et pris la direction de sa chambre faisant signe à l’enfant de suivre. Sans méfiance, cette dernière la suivit et en un tour de bras sans qu’elle n’ait même eut le temps de réaliser ce qui lui arrivait la petite fille se retrouva sous le poids du sexagénaire qui explora son royaume d’enfance………..
Au retour Fatou se sentait engourdie et avait mal partout ,en plus le sang virginal entachait une partie de son pagne, c’est justement en remarquant cette tache de sang sur les habits de sa fille que dame Mariam eut des doutes et décida de s’enquérir de ce qui n’allait pas ,alors devant l’insistance de la mère sa fille raconta sa mésaventure.
Le sang de Mariam ne fit qu’un tour et elle poussa un cri inhumain avant de s’évanouir. …..
Le reste de la journée fut une sorte de deuil et il avait fallu un effort et une sensibilisation familiale monstre pour éviter à la jeune mère d’aller étrangler l’impudique vieillard.
Dans la famille de Fatou ,la joie avait fui et la vie était désormais un enfer que ponctuait les cauchemars nocturnes de la fille , les incessants pleurs de la mère et entre le ballet incessant des notables du quartier résolu à sauver la mise d’un des leurs et pas n’importe lequel.
Il fallait défendre un honneur, mais lequel ?celui du violeur en liberté que l’hypocrisie de ses pairs tentait de défendre ou celle de la famille dont une des siens était déshonorée ?
Il n’y avait-il donc personne en ce bas monde pour comprendre le malheur de cette enfant ?
Ce vendredi encore l’incessant ballet des notables se poursuivait dans la famille de Fatou et le poids du dernier groupe venu aux bons offices était susceptible de briser la résistance de la famille .
Ce groupe était constitué des deux premiers imams du quartier ,de deux muezzins, du député de la ville et du président du conseil de quartier et d’un vieux Gaoulo bref c’était le gratin de la société qui venait peser de tout son poids pour éviter à un des siens la prison et l’humiliation.
Les salamalecs se firent et en maitre de la parole Farba prit la parole rappelant les liens séculaires entre les familles composant le quartier et la quiétude qui y règne grâce à la solidarité avant de jouer sur l’aspect communautaire :
« vieux Oumar, nous venons chez toi en frère, le mal est fait et nous afflige tous , ainsi était le destin de notre fille ,mais pour clore ce débat qui n’honore personne nous avons décidé de trouver la valise et l’avons rempli de tissus et de bijoux et y avons adjoint une somme de deux millions pour le préjudice de quoi mériter le pardon et nous savons que tu ne sauras outrepasser notre décision commune ……….»
Le groupe sortit, les sourires étaient revenus sur les visages et le père lui même affichait désormais une mine plus détendue.
Puis le père fit appeler Fatou et sa mère ,il faut dire que la mère en 4 jours avait perdu le quart de son poids ,les deux répondirent à l’appel et sans cérémonie, de but en blanc l’homme annonça j’ai pu tirer profit de la situation : « une valise pleine d’habits et de bijoux et deux millions on n’aurait pas pu mieux faire hein !!!!!! »
La femme resta sans voix quelques minutes et hurla sa colère et surtout son impuissance laissant échapper des cris de bête écorchée, étouffée par la douleur elle finit par se lâcher s’adressant à son mari : « je ne te savais pas aussi lâche !Donc toi aussi rien ne compte à tes yeux que l’argent ?quel genre de père es tu pour monnayer ainsi l’honneur de ta fille ?ton honneur ?je jure devant Dieu que je n’aurais de répit que si je vois ce pervers de Mory sous les verrous ,s’il en réchappe je luis arracherai les c…….. avec mes dents….. » et vidée de sa colère si longtemps étouffée Mariam Sanglota et tomba dans les pommes laissant son mari désemparé et abattu . …….


Comme un signe du destin

Ce mercredi bien entendu c’est l’un des jours les plus importants de la dernière décade du ramadan, c’est la nuit du vingt sixième jour et traditionnellement cette nuit n’est que célébration et ferveur adorative jusqu’au matin
La veille déjà, c’est à dire le mardi j’avais passé une nuit blanche et la journée avait été lourde pour moi car je chancelais de sommeil.
Pour rattraper le coup je me résolus à faire une sieste le reste des heures de l’après midi jusqu’à la rupture et de continuer après jusqu’à minuit avant de prendre un bain d’aller au culte nocturne.
Il était presque 16 heures quand je me suis mis au lit et 18h 30 quand je sortis de cette léthargie, la tête moins endolorie que quand j’y entrais c’était déjà un pas de franchi pour compenser les cinq heures de sommeil que j’avais brulées .
Après la rupture ,je ne perdis que quelques minutes à discuter avec Rama, ma femme de projets qui m’animent et à regarder notre garçon roulant sa bouteille d’eau minérale mimant la conduite d’un engin en vrombissant à la mode du langage enfantin.
Pour la seconde fois de la journée à 20h , je me remis à dormir, la nuit à nulle autre pareil pleine la tête et résolus à aller louer le Seigneur comme toutes ces années à la même date, mais je voulais attendre le gong de minuit ,le temps pour moi de récupérer .
Au coup de minuit, je dormais à poings fermés et ne pus donc me lever comme je l’avais prévu ; un plus tard je fis un rêve dans lequel nous étions haut perché au sommet d’un gratte ciel qui dominait tout de son altitude en groupe et devant nous se balançait une corde de poulie si longue qu’elle pouvait me permettre de traverser de Kaloum à KIpé où j’étais car j’y ai reconnu des endroits que je connaissais et tout en rigolant je dis à mon groupe d’amis que moi j’allais traverser la ville accroché à cette corde ,ils ne voulaient pas assister à ce spectacle ,ils désapprouvèrent et je dus momentanément battre en retraite .
De retour à la maison ,l’idée ne m’avait pas abandonnée et seul avec la même corde qui me suivait suspendue dans le vide je me résolus à en finir , j’étais entrain de prendre de l’élan pour m’emparer de la corde quand ma mère apparut ,apeurée à l’idée de me voir sauter ,elle me dit pourquoi tu veux le faire, je n’ai pas de transport fis je gêné ,alors elle me dit laisse tomber vient que je te donne de quoi payer le taxi.
Je la suivis et en me remettant l’argent elle rajouta ce n’est pas la peine de sauter ,j’ai trouvé un travail de pompiste ,je crois que je vais commencer plutôt que je croyais.
Pompiste ?répétai je ?je ne comprenais pas comment une personne aussi pétrie de talents et d’expériences pouvait se retrouver à ce niveau tout d’un coup et avec autant d’humilité. Je n’ai rien contre le métier de pompiste mais je ne comprenais pas et du coup je sentis au réel ma tête moite de chaleur et fit l’effort de me lever et de faire mes ablutions mais surtout content que ce fut un rêve.
En sortant de la maison silencieuse à cette heure ,je marchais à pas feutrés pour ne pas déranger , quand je croyais que tout le monde dormais ,il y avait une personne qui ne dormait pas et qui priait en silence , c’était ma mère.
Encore en écrivant ces mots je ne sais pas le vrai sens de ce rêve mais je me dis que c’est un signe du temps pour que je puisse bénéficier des faveurs et bienfaits de la nuit du destin et je ne compte pas me faire prier.


Jamais héritage sans ma part

Juste 10 jours que le gentil Mr Saidou avait été mis en bière, son domicile portait encore les stigmates du deuil sans compter que son épouse qu’il a chérie de toute sa vie ,Assy avait pris les habits blancs pour la réglementaire durée de quatre mois et 10 jours.
Alhassane et Houssai ses enfants allaient sur leur seizième printemps et respirait l’équilibre d’une famille où entente, convivialité et entraide avaient toujours régner.
Tous les voisins s’accordaient à dire que le défunt était un exemple de bonne cohabitation.
Pendant que sa famille nucléaire cherchait à se remettre de cette perte et du vide qu’il a laissé, les collatéraux appuyés par certains oncles ourdissaient déjà un complot pour éjecter la compagne fidèle Assy et dilapider les biens ,peu importe ce qu’il adviendrait des enfants pour lesquels le couple a tout consacré.
Les appétits s’étaient aiguisés, et chaque membre de la famille échafaudait son plan en solo pour berner les autres, chaque vautour voulait se ‘’sucrer’’ mieux que les autres et dans cette comédie le seul accord est qu’il fallait mettre hors jeu la compagne des vingt derniers ans de Saidou.
Déjà ,cette ‘’pseudo’’ famille n’a pas attendu la fin du veuvage pour venir afficher ses intentions et c’est Harouna demi frère du défunt avec ses airs habituels de paon qui est venu ‘’sonder’’ l’idée en expliquant que sitôt après le veuvage, la famille conformément à la tradition viendra évaluer le patrimoine de Saidou afin de procéder à ce qu’il s’impose et à sa façon de parler ce qui s’impose c’est le partage bien entendu.
Assy n’en revenait pas car l’homme qui était venu lui servir ce discours n’a jamais conjugué le même verbe que son défunt époux et on le sait trempé dans tous les coups foireux concernant le foncier dans la ville, sans compter que c’est un jaloux d’égoïste et envieux né .
Ce passage avait alerté la femme et avait éveillé ses instincts de mère, les paroles déblatérées par le beau frère ont réveillé le volcan et rien ne l’empêcherai de lutter pour défendre ses acquis qu’elle a réussi à mettre sur pied ,épaulant son mari dans les moindres détails, ce patrimoine elle en avait droit et ferait prévaloir ce droit mais tout en mettant en avant l’intérêt de ses deux orphelins de fils.
Où étaient ils ces soi disant parents quant il a eu besoin d’eux ? ne s’étaient ils pas défilés, tous ?quel genre d’homme sont ils pour zyeuter l’héritage de quelqu’un qui a donné le meilleur qu’il a pu pour leur ingrate existence, alors qu’ils lui ont tous tourné le dos quant ils pouvaient payer leur dette ?
Non !Assy se battra et ce contre vents et marées, et pour ça elle se sentait prête à affronter la terre entière .
A travers une délégation ,elle avait signifié au conseil de la famille le jour d’après qu’elle comptait prendre en charge l’éducation de ses enfants et avait parlé du testament laissé par son époux qui avait partagé tout son patrimoine entre ses enfants et sa femme , qu’il a désigné comme exécutrice unique de ce testament .
Ce coup du testament fit mal, très mal à Harouna et les ‘’siens ‘’ ,cette gifle , ils ne l’avaient pas vu venir, et ce coup mettait la loi du côté de Assy ,inacceptable, amère, c’était un un camouflet même .
Désormais ,la course à la montre était déclenchée et il fallait agir, pour Harouna agir signifiait empoisonner, ou affoler ou faire n’importe quoi qui puisse les débarrasser de la ‘’mégère’’ comme il l’appelle.
Depuis ce jour les consultations occultes, les cendres, lames et aiguilles ainsi que les gris-gris n’ont pas manqué devant la concession de feu Saidou et parfois même dans la concession mais comme la justice avait déjà étudié des dossiers impliquant Harouna malgré toute sa haine et toute son animosité ,il se devait de faire profil bas mais pas question d’abdiquer l’enjeu était trop grand.
Déstabilisés par le coup du testament , tous les complices de Harouna savaient que Assy étaient pour l’heure en bonne position et ils en maudissaient le sort en attendant une nouvelle stratégie .Il fallait carrément explorer de nouvelles pistes, sauf une ,celle d’épouser Assy tous savaient qu’elle aurait éconduit n’importe qui et si stupides qu’ils peuvent être pas un ne voulait être pris pour le dindon de la farce.
Harouna ne sortait plus, son plan était mis en mal par un infime détail qu’il n’avait pas prévu, il maudissait le sort et sa santé en prenait un coup , pour lui l’affaire c’était quitte ou double, en cas de réussite il se débarrassait de la femme, mettait main sur l’héritage ,donnait la fille en mariage et pour le garçon c’était adieu l’école et bonjour le commerce de Kolas autre activité qu’il pratiquait.
Cette affaire était pour lui ,une heure de gloire, une revanche sur la bonne renommée de son frère devant qui il s’est toujours senti inexistant, sauf que pour l’instant, il n’en était pas là.
La seule certitude qu’il y avait et dont nul ne pouvait ignorer est que la guerre était ouverte et qu’elle était partie pour durer ………..


Quand voyager devient une épreuve amère

La route est impraticable, 450 km serpentant entre d’énormes montagnes depuis la mangrove jusqu’aux contreforts du Foûta Djallon. La nature y est indéniablement belle mais le mauvais état de la route occulte tout ce charme.

Il fallait rentrer à Labé car la nécessité s’imposait et il fallait braver la nationale et ses aléas, tantôt bitumée, tantôt dégradée, tantôt à l’épreuve des sillons creusés par l’eau qui reprend ses droits faute de fosses d’évacuation.

La mort dans l’âme, je devais affronter cette épreuve pour regagner mon Labé.

A six heures, fidèle à mes habitudes, je suis à Bambeto espérant trouver un taxi pour le retour.

A ma grande surprise le parc est noir de monde, c’est comme si tout le monde avait subitement décidé d’émigrer vers Labé. Trois véhicules sont déjà sortis et la demande ne cesse de croître.

Les gens jouent des coudes, s’impatientent, maudissent le sort mais la situation ne s’arrange pas. Assis, en face de nous, un syndicaliste tient les tickets et prétend qu’il y a une rupture de véhicules, « les chauffeurs ont décidé de bouder Labé car les recettes ne leur profitent plus à cause de la route, les engins exigent plus d’entretien » nous raconta-t-il.

L’homme s’empare de son téléphone et fait un numéro sans doute un chauffeur, en parabole il lui peint la situation et ce dernier promet de venir embarquer certains passagers. Une bonne chose certes mais sans aucune logique dans le choix des passagers.

A cinq heures, des mères étaient là, ayant bravé l’obscurité et l’insécurité mais maître Malal n’avait que faire de ces émotions, pour lui tout était argent et corruption.

L’homme refuse de nous vendre le ticket qui nous aurait permis d’embarquer à bord du taxi « salvateur » qui arriva dans la foulée. Mais de par derrière un vieux lui glisse des sous en plus du transport pour trois personnes, sa femme, son fils et pour lui même et le syndicaliste lui remet trois tickets alors qu’il venait juste d’arriver, les femmes s’énervent ainsi que tous les autres passagers moi y compris, un autre chauffeur plaide pour un prétendu parent et sa famille comme par miracle, il obtient le ticket, la cohue recommence et un esprit de révolte commence à souffler, au point que le vieux responsable syndical décide de quitter sa place pour de longues minutes.

A son retour, le taxi « salvateur » était déjà sorti et il s’apprêtait à récidiver avec un autre véhicule quand je décidai de jouer mon va tout en signifiant avec véhémence ma déception et ma colère à l’homme qui ne comprenait que le langage de l’argent et de la corruption.

« Maître » fis-je pour commencer, attirant du coup son attention et celle de tous ces visages en colère. « Vous avez mal agi en embarquant les derniers venus devant nous,on a encaissé le coup mais la prochaine fois je vous le ferai regretter et je ferai un scandale qui vous restera à l’esprit car ces agissements sont indignes d’un homme de votre trempe. »

Le ton était on ne peut plus ferme, le silence se fit et surpris l’homme n’eut aucune réaction. Au fond de moi, je me sentais un tout petit peu libéré et il ne restait plus qu’à attendre et on attendit. Moi de mettre mon plan à exécution, les autres passagers de vivre le film promis et l’homme sans voix et perdu dans ses pensées semblait atteint, il ne faisait plus le malin.

Des minutes s’écoulent, il disparaît, à son retour il était flanqué d’un commandant de Gendarmerie désireux de se faire servir en passagers pour amortir ses dépenses, Maitre Malal contre toute attente me pointa du doigt et dit : « toi d’abord, tu es là depuis 6 heures ! » Et je ne me fis pas prier en un tour de bras ma valise était dans le coffre de la Mercedes de l’officier de gendarmerie et moi même m’installai sur le siège passager à proximité du chauffeur.

Une vieille dame et deux jeunes hommes occupèrent le siège arrière et nous prîmes la direction de la capitale du Fouta Djallon. C’était parti pour 11h de route…..


Etre journaliste en pays pauvre

Être journaliste aujourd’hui dans notre pays c’est signer un pacte avec le diable et s’attendre à ce qu’il vienne un jour ou l’autre chercher son dû.

Être journaliste c’est braver mille dangers au quotidien dont un pouvoir qui vacille sur ses frêles appuis acculé de toute part et aux abois, être journaliste c’est dénoncer les agissements honteux de nos politiques promptes à sacrifier la patrie sur l’autel de leur égoïsme.

Être journaliste c’est braver le sommeil et le repos et sortir aux aurores en quête d’un scoop, c’est supporter les intempéries et les saisons, les sarcasmes et les quolibets des uns et des autres avec le même flegme.

Être journaliste c’est cette aptitude et cette habitude à s’entêter et à tenir tête aux hautes sphères de l’Etat et à sortir le peuple des abysses de l’ignorance et de la désinformation au risque de se retrouver battu ou derrière les barreaux d’une prison au meilleur des cas ou simplement mort dans le pire des scenarii.
Être journaliste, c’est croiser le fer avec tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir à défendre et qui vous regardent avec morgue et crainte mêlées.

Être journaliste c’est savoir supporter le regard des gens qui te détaille comme un extraterrestre tout droit sorti de Mars. Des regards loin d’imaginer que tu es un être doué d’émotions.

Être journaliste c’est forcer le respect par la plume et non le fusil, par la langue et non l’épée au point d’instiller à ceux qui suivent ton évolution la culture du mérite et de l’effort et leur arracher l’admiration.

Être journaliste c’est abdiquer à tout repos, toute vie de famille pour un éphémère succès qui use tes sens ,ton corps et ton âme et toi tu y restes accroché et scotché comme un condamné à mort attendant qu’un miracle se produise quelques minutes avant l’exécution de la sentence ;être journaliste c’est planer dans le airs de son propre subconscient en quête de ce petit plus qui toujours saura marquer la différence. Être journaliste c’est savoir tourner ces méninges pour avoir en période de choux gras ou de vache maigre quelque chose à exposer pour assouvir l’appétit de celui qui vous lit ou vous écoute par ricochet celui qui vous fait vivre. Être journaliste c’est être un homme sacrifice, c’est être les sens de milliers de personnes et qui à peine sauront vous rendre hommage à l’heure du grand voyage.

Être journaliste, c’est être adulé ou haï pour de bon parce que les jugements ne te sont jamais cléments et te frappent plus sévèrement que tous les autres parce que de toi on attend des actes aseptisés et purs comme de nulle autre personne au monde.
Être journaliste, c’est prendre des coups et les rendre avec la même énergie avec toujours plus de punch ,mais c’est aussi savoir traiter les uns et les autres avec le respect qu’il mérite tout en les obligeant à se détourner du mauvais chemin et à se repentir .
Être journaliste c’est avoir un carnet d’adresses fourni au lieu de poches garnies et c’est devoir sans cesse se remettre en cause dans un monde où se côtoient rationalisme et mysticisme, être journaliste c’est enfin avoir le cul entre deux chaises sans savoir sur laquelle on compte finir sa journée. Être journaliste c’est viser le haut alors  que  tout  vous  tire  vers  le  bas.