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Et si c’est mon mari qui n’avait pas la bonne semence ?

Aicha s’était mariée en grandes pompes. Elle était alors, la fleur qui perturbait le sommeil des jeunes célibataires de Labé. Sa couleur café au lait que rendait spéciale une longue chevelure et ses dents nacrées faisaient d’elle une légende.
Son mari Ali revenait de 10 ans d’aventure aux USA et il y avait fait fortune. Il différait d‘ailleurs de tous les ‘’diaspos’’ qui rentraient au pays car nul jamais ne l’avait vu flirter avec la moindre fille.
Ce pseudo modestie donnait une aura de mystère à Ali. En tout cas pour tous, c’était l’homme idéal.
« L’Amérique ne l’a pas changé » disait-on dans les commérages .
Deux ans s’étaient écoulés depuis le mariage de Ali et Aicha. Leur union était enviée et enviable sauf que l’essentiel tardait à venir, un enfant. Sur ce point la mère de Ali commençait à se faire menaçante et ses sœurs lançaient les plus vilaines des insanités sur elles.
« Si tu n’arrives pas à pondre, c’est de ta faute, tes ovaires sont arides à force d’avorter… ». Sans gêne aucune, les sœurs persiflaient. Au mariage de Aicha, elles savent que le couvre lit était taché du sang virginal. Simplement, la plus petite des sœurs n’a jamais pardonné à Aicha de lui avoir fait de l’ombre de longues années durant. Tous les hommes étaient aux pieds de Aicha, alors, condamnant toutes les autres filles au menu fretin.
Aicha souffrait en silence. Elle ne manquait de rien certes, mais les insinuations de la famille de son mari avait la douleur d’une dague dans son cœur.
Aicha, d’habitude si pieuse était si désespérée qu’il lui arrivait parfois de consulter des marabouts et autres diseurs de bonnes aventures. Malgré la prison dorée qu’était sa maison, elle fondait comme beurre au soleil.
La rencontre de l’espoir
C’est dans ce climat délétère que Aicha fit une rencontre, celle de Dialy Dia, jeune dame au physique imposant et au visage rassuré. Elle était avocate et les droits féminins étaient son cheval de bataille. Thierno, l’ami et cousin de Aicha présenta les deux femmes et elles s’isolèrent. C’était dans une soirée de gala. Aicha narra son malheur et Djaly promit de l’aider « mais j’ai besoin de savoir que tu ne vas céder à aucune pression avant de m’engager » , la femme opina et comme une flèche la panthère des prétoires s’en alla.
La bataille judiciaire :
Deux jours après cette rencontre déterminante, Djaly exigea une plainte de sa cliente et la déposa au tribunal. Une première audience fut tenue et la brave femme en profita pour réclamer que le couple se soumette à un examen de fertilité. Ali était abasourdi, sa famille encore plus. Le secret jusque là bien gardé était menacé. Le juge autorisa.
L’heure de la vérité
Depuis cette audience introductive, la pression avait changé de camp. Comme par magie, les sœurs se faisaient plus câlines, la mère de Ali elle même voulait établir une sorte de complicité entre elle et Aicha, mais elle n’était pas dupe.
Comme elle l’avait promis à Djaly, Aicha tint bon.
Quand Dieu veut aider une de ses créatures, il transforme pour elle les obstacles en avantages. C’est ce que s’apprêtait à vivre Aicha. L’expert choisi pour faire le test était le prétendant de Djaly et son cousin, lui savait sur quel dossier sa dulcinée travaillait. A l’implication de la dame ,il savait qu’elle y tenait , voilà pourquoi, il refusa les millions proposés par la famille de Ali qui tenait à noyer le poisson.
La victoire de la justice sur la violence morale
Les résultats une fois prêts, le juge convoqua une autre audience. Les parties vinrent répondre à l’appel . Ali était sur ses nerfs, il savait qu’il était incapable de procréer et cette triste réalité allait sans doute refaire surface dans un instant. Sa famille, sur ce coup était restée au domicile sans doute pour ne pas assister au verdict . Elle en avait fait baver Aicha mais Djaly avait ravivé son espoir.
Le juge tira tout le monde du silence en déclarant :
« nous avons reçu les résultats et les examens révèle que dame Aicha est apte à la procréation, ce qui n’et pas le cas du mari … »
Le reste des mots se perdit dans l’écho et Aicha sanglota puis s’effondra dans les bras de Djaly.
Le regard baissé, Ali était tendu comme un arc et son avocat avait aussi perdu son latin. Le juge continua :
« Madame ! vous pouvez obtenir le divorce si vous le souhaitez ou rester près de Mr Ali ,il n’en tient qu’à vous et votre mari est condamné à vous verser la somme de 100 millions pour préjudice moral. »
Djaly remercia la cour et tira sa cliente par la main, Ali se laissa choir . L’audience était finie et la victoire était totale…


Quand la jalousie et la naïveté vous coûtent l’être aimé

En Afrique noire, la science occulte peine à sortir des mœurs tant les gens l’ont, chevillée au corps. Les forces mystiques sont utilisées pour annihiler une attaque, pour se défendre ou même parfois s’attirer une faveur ou un bienfait.
L’ancrage de l’islam en bien de parties du continent n’aura pas pu empêcher certaines survivances animistes traditionnelles.
Seulement , beaucoup d’africains accordent tellement de foi aux consultations occultes et leurs bienfaits qu’ils se retrouvent dans un schéma vicieux ou commettent parfois l’irréparable. Plus par naïveté que par méchanceté. C’est le cas de Mariam dont je m’en vais vous conter l’histoire.
Au Fouta Djallon un proverbe enseigne : « que celui qui ne croit pas en sa chance est tenté de voler » . Cette sagesse, juste pour signifier que l’ambition démesurée peut briser un élan prometteur.
Mariam, la vingtaine était mariée et mère d’un bout de chou lumineux, elle était belle. Son mari Ousmane, était de cette espèce qui faisait chavirer le cœur de toutes les femmes. Bel homme, attentionné, amoureux et père prêt à tout pour ses enfants. Son foyer était un havre de paix que les autres enviaient.
Comme on dit souvent l’Homme est insatiable. Poussée par ses copines dont une moitié cherchait encore ‘’ l’oiseau rare’’ et l’autre moitié était divorcée. Mariam se fit conseiller par elles, d’aller envouter Ousmane. Elle ne voulait pas mais à l‘évocation d’une éventuelle ‘’rivale’’par l’une des megères d’amie elle céda sans autre forme de réflexion et promit d’aller en consultation. Il n’était pas question qu’elle partage son mari…
Le jour j Mariam se fit accompagner par Billy, une de ses amies habituées à ce genre de démarches. Le voyant choisi était ‘’zéro faute’’.
‘’zero faute’’ était un de ses hommes qui avaient le don naturel de jouer avec le sens des autres. Il habitait un masure sombre ornée de cornes et de peaux de bêtes . Dans un coin nichaient des bouteilles d’alcool et de liquide de freins recyclées en emballage pour talisman ‘’made in zéro faute’’.
Les visiteuses saluèrent en chœur mais poliment et un ahanement leur fit comprendre que le devin était bel et bien là, alors elles entrèrent. Le parfum hors de prix de Mariam flotta indiquant au maitre de céans le rang social de sa ‘’patiente’’. Mariam était belle et ses formes généreuses ne laissait aucun homme indifférent, serait-il ‘’zéro faute’’ en personne. Au delà des artifices et du piédestal sur lequel il surfait ‘’zéro faute’’ était un homme.
Ses yeux avaient élu domicile sur les rondeurs de sa cliente. Il était là aux antipodes des fois où le client n’avait pas l’opportunité de voir son visage. Se ressaisissant d’un coup, il demanda à Billy de l’excuser, elle obtempéra.
‘’Zero faute’’ entreprit de dessiner des arabesques sur le sol, le front plissé. Mariam, le cœur sur les lèvres le suivait des yeux. Puis le devin partit d’un rire sonore, effrayant. Il voulait impressionner. Il était impressionnant. Alors ‘’zero faute’’ farfouilla dans sa réserve et en sortit un produit qu’il remis à sa cliente. Il lui indiqua la posologie. Ce sera trois gouttes seulement avait-il dit et machinalement. Mariam répétait pour se convaincre des propos du devin. Elle ouvrit son sac sortit une poignée de ‘’tais-toi’’, ces billets de 10000 francs rouges, l’homme déclina l’offre…
Le jour d’après, Mariam fit la cuisine déchargeant sa bonne qu’elle laissa au repos .Ses enfants étaient à l’école. Heureuse et satisfaite elle chantait les airs de son enfance.
Après la cuisson, elle glissa la dose prescrite dans le plat de son homme, loin de se douter que loin de ‘envouter, elle lui administrait du poison. Le produit de ‘’Zéro faute’’ était du cyanure.
Ousmane revint, l’estomac au talon il se fit servir, invita sa femme elle déclina au motif qu’elle avait mangé. Il entama son repas et n’eut pas le temps de finir que déjà pris de convulsions ,il fut projeté au sol. Son pouls était saccadé puis fini par s’arrêter nettement sous l’œil de sa femme ahurie.
Par jalousie et stupidité elle venait de tuer son époux, le père de ses enfants…


Vivre ou mourir avec l’Europe dans un coin de la tête

Depuis des jours déjà Lamine songeait à partir. Vivre ou mourir certes, mais l’Europe lui vivait dans un coin de la tête. Il fallait qu’il brave la mer.
Lamine avait nuitamment préparé son baluchon. Il n’attendait plus que l’aube pour se faufiler.
Sortir à cette heure du jour n’était pas fortuit, c’était les recommandations du devin Kekouta.
Ayant pris ses cours auprès de son défunt père, Kekouta était devenu le gardien du temple.
Les colas du sacrifice, Lamine les avait partagées selon les instructions du devin. Il ne restait plus qu’à casser les œufs à l’intersection de deux voies, sans se retourner.
Au premier chant du coq, il avait pris la route sans réveiller ses frères encore moins sa mère. La séparation était inéluctable mais chagrinante.
C’est par le premier taxi brousse que Lamine sortit de son cocon, cet espace qui l’avait vu naître et dont il divorçait à présent.
Il visait le Maroc mais avant il faudrait traverser le Mali, atteindre la frontière Algérienne et franchir le pas jusqu’au royaume chérifien.
Lamine était anxieux, il retournait sans cesse le nom de tous ses camarades qui avaient déjà tenté le voyage. Que ces derniers l’aient réussi ou ont fini la traversée dans le ventre de quelque poisson, il n’en savait rien.
Il en avait pour deux semaines avec les multiples haltes.
Deux semaines, pour caresser des yeux ‘’l’eldorado’,  c’était jouable…
Lamine était au Maroc maintenant et pour l’heure un de ses amis d’enfance venu pour ses études lui prêtait logis.
Et pendant que son ami allait à la fac, il déambulait en quête des réseaux de voyage clandestins.
On était mercredi, et ce jour la chance lui fit signe. Il tomba nez à nez avec un des passeurs.
L’homme était un gros arabe barbu à la toilette très détendue. Un blouson de cuir noir sur un jean bleu.
Dan un français au fort accent arabe, l’inconnu l’apostropha : « tu veux partir en Espagne, c’est ton jour de chance, mon bateau a deux places de libre mais c’est 1500. »
Ici les transactions étaient en euros. Lamine pouvait payer la traversée et conserver un peu de monnaie.
Il expliqua qu’il devait aller chercher l’argent avant d’embarquer. L’inconnu acquiesça de la tête. Lamine fila en flèche, l’Europe en image dans la tête.
A son retour, l’homme n’était plus là, le radeau non plus. Il chercha du regard : rien. Alors des larmes perlèrent son visage.
Tout ce trajet pour rien ! Habituellement, il tient le coup dans ce genre de circonstances, mais pour une fois, son intime espoir était mis à rude épreuve.
Combien de temps depuis qu’ils sont partis ? Lamine ne le savait. Il avait fait un sprint en vain.
Il s’effondra sur un rocher. Le prix de la traversée dans les poches de sa culotte sécurisé par un jean bleu de seconde main. Son regard, au loin perdu dans l’immensité de la Méditerranée.
Depuis combien de temps était-il là ? Lui même ne le savait plus. En sortant de sa rêverie, il eut juste le temps de voir la croix rouge s’affairer et descendre des corps, des corps qu’il avait probablement vus sans savoir que c’était un premier et un dernier contact. Des corps parmi lesquels le sien aurait pu figurer, s’il n’avait pas été retardé. Et le doigt sur la bouche, Lamine prononça la profession de foi et répéta machinalement « Allahou Akbar ».
Dieu venait juste de l’épargner d’une mort certaine. Lamine en était conscient.
Maintenant qu’allait-il faire ? Partir ou rester ? L’émotion de ces dernières heures lui embrumait l’esprit…


Les ‘’gnamakalas’’ du Fouta Djallon vrais dépositaires de l’art de parler

Aux alentours du 16 ème siècle, les peuhls nomades en quête de vastes prairies ont posé leurs baluchons sur le Fouta Djallon. Cette arrivée marquera profondément la naissance et la pratique de l’art de parler.
Contrairement à une idée reçue, les ’’Nyamakalas’’ du Fouta Djallon ne sont pas de nos jours les ultimes représentants des formes expressives anciennes . Cette tâche sied mieux aux awluubhes.
Et depuis, l’histoire des awluubhes et autres nyamakalas est tributaire aux cours royales. Les premiers sont considérés comme historiens, chroniqueurs au service des monarques . Les seconds n’étaient que des semeurs de joie.
Le raffinement du Gaoulo contraste avec l’excentricité des nyamakalas. Aussi, autant le Gaoulo avait l’obligation de préparer sa descendance à reprendre le flambeau , autant le fils du nyamakala avait le choix d’hériter du métier paternel ou non.
L’origine des Awluubhes est souvent assimilée au passage de Elhadj Omar Tall au Fouta sous le règne de l’Almamy Oumar Barry au XIX siècle.
Réunir tous les instruments du folklore : un pari osé
Réunir les instruments de toutes les aires culturelles de la Guinée a germé à la fin des années 50. En exemple, les sistres, la flute pastorale, la calebasse ou le violoncelle qui sont des instruments du folklore peuhl ont été associés à la Kora, instrument à corde d’origine mandingue ou au balafon .
Une stratification entre les maitres de la parole traditionnels
Aussi dans la pratique musicale, une certaine stratification sociale se démarquait. Aux captifs revenaient les percussions et les instruments à vent et aux hommes libres les instruments à corde.
Percussions et instruments à vent se jouaient debout et incitait à l’effort tandis que ceux à corde ne nécessitait aucun emballement du corps.
Dans les mentalités primitives ,ces deux niveau disjoints renvoyaient surtout à ce qui était conforme à la dignité de chacun . D’un côté le bruit et le rythme et de l’autre le raffinement et la retenue.
Survivance des pratiques musicales et festives des périodes ante islamiques
Sous la théocratie au Fouta, les efforts de destruction des tambours païens ‘’dunduudji’’ ont occasionné l’intérêt des Djallonkés pour le tamtam ‘’djembé ’’ souvenir des orgies lors adoratives . Loin des vainqueurs, la nuit, ils maintinrent la tradition du jeu avec des instruments sauvegardés ou reconstitués.
Simultanément l’arrivée de captifs saisis lors de razzias dans les campements Kouranko , Toma, Kissi et Malinké, enrichit d’instruments nouveaux, une musique devenue impossible à étouffer.
Lors de la période coloniale, les ‘’Nyamakalas’’ sont carrément sorti du cadre des veillées traditionnelles pour devenir des troubadours au service tour à tour de l’administration. D’abord les chefs de canton et enfin du parti Etat à l’indépendance.
L’âge d’or des Nyamakalas du Fouta Djallon
L’âge d’or des ‘’Nyamakalas’’ en Guinée reste confondu au nom de Yacine Diallo, premier député guinéen à l’Assemblée constituante, mais c’est Ahmed Sékou Touré qui réunira dans un ensemble les virtuoses d’instruments qui se jouent aussi bien debout qu’assis .
Ce dessein politique appliqué à la culture marquera à jamais une rupture avec ‘’l’aristocratie traditionnelle’’ et conduira le profane vers la sublimation artistique.


Le lévirat : Une tradition qui jette des familles entières dans les griffes de la mort

L’astre sélène avait décidé de se montrer dans toute sa splendeur. La nature exhalait son parfum de verdure et le silence n’était déchiré que par le concert des grillons.
Chez les Diallo, l’ambiance était à la joie .On y célébrait le mariage d’un des cadets de Gassim disparu il y a 5 mois avec sa veuve.
Tout le monde considérait Bella comme un exemple de droiture à conserver dans la famille.
Tous ces 7 frères étaient candidats mais Bouba a eu les faveurs.
Etait ce un mariage de cœur ? de raison ?avait-elle le choix ?alors que la tradition qui l’a bercée la faisait figurer dans l’héritage ?
…le couple vivait ensemble depuis trois mois t la virilité de Bouba s’était exprimé.
Depuis qu’il avait su l’état de sa femme, Bouba avait raréfié ses sorties. A femme avait été en consultation la veille et depuis ne montrait pas le nez.
Les rides qui barraient le visage de Bella n’échappèrent pas Bouba qui lui demanda pourquoi ?
« rien de grave, la femme qui me suit souhaite que je m’y rende avec mon mari »
Alors le malaise migra vers chez Bouba.
Le lendemain le couple prit la route et rapidement la moto du mari dévora les kilomètres.
Par chance, la queue n’était pas longue et le couple s’installa.
Puis, Belle s’entendit héler, la voix était celle de ‘’sa’’ sage femme, elle entra suivi de son mari.
Subtilement l’agent de santé leur souhaita la bienvenue et plaisanta sur l’état de la route pour briser la glace.
Bouba joua le jeu , bien que peu rassuré. Elle demanda au mari de se prêter à un petit examen sanguin de routine, il acquiesça de la tête. Il souleva les manches de son boubou et siphonna quelques millilitres de sang. Revenez demain pour les résultats fit une nouvelle fois la bonne dame.
Le chemin du retour fut silencieux et Bouba comprenait mieux le silence de Bella des jours d’avant.
Sans le dire Bouba était appréhensif au vu de cet examen,il en perdait l’appétit.
Le lendemain Bouba qui n’avait dormi que peu exempta sa femme du voyage .Il avait décidé d’aller seul au rendez vous. II priait en silence.
A son arrivée, comme la veille ,il y avait peu de monde et on le reçut avec la même gentillesse.
Un bref regard circulaire permit à l’homme d’identifier une enveloppe blanche scellée à portée de main de l’agent de santé.
Comme la veille, elle fit un speech avant de pousser l’enveloppe scellée vers Bouba.
« quelque soit le résultat revenez nous voir »
C’était là l’instant de vérité. Ce moment ou de la vie à la mort il n’y a qu’un mince pas. Cet instant où, le temps d’un clignement d’yeux ta vie entière reviens à la surface.
Bouba décida d’emporter l’enveloppe mais son interlocutrice aurait pu parier qu’il l’ouvrirait avant la maison.
Il prit congé, glissa l’enveloppe scellée dans la poche ventrale de son boubou et sortit.
Sur le chemin du retour, dubitatif et inquiet il fit halte sous un manguier, décacheta fiévreusement l’enveloppe en retira un papier blanc avec des entrées qu’il ne lut pas, posant son regard furtif sur l’inscription en rouge au feutre « positif ».
Ce mot venait de le condamner à mort. Le papier lui glissa des doigts, ses pieds lâchèrent, des larmes perlèrent son visage.
Il en voulut alors à son défunt frère qui venait de le condamner ,sa famille et la tradition eurent leur dose de malédiction ,il s’en prit à lui même et regretta de ne pas avoir céder Bella à l’un de ses 6 autres frères.
Il maudit le lévirat qui sur le coup le poussait à une mort certaine, le sororat et tous ces coutumes qui pouvaient exposer à une mort certaine…