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Le mariage, les déboires et le bonheur

Le mariage, les déboires et le bonheur

Les cauris avaient livré leur verdict et les sages avaient consulté les astres. Tout semblait normal et les deux tourtereaux pouvaient convoler en justes noces.

A la fin de ses études, un piston avait permis à Habib de se mettre au service d’Elhadj « Guelloun », cossu commerçant connu de tout le monde à des milliers de kilomètres à la ronde.

Zena, elle, était belle comme une de ces orchidées sauvages, elle alimentait déjà les débats chez les hommes dans toute la ville.

Peu de temps après, les obligatoires démarches furent entreprises et le mariage se fit entre tradition et modernité, selon la mode du moment.

Au début, le foyer fut un havre de paix et pas l’ombre d’un malentendu ne vint le troubler.

Puis, l’année passa sans que Zena n’ait pris de rondeurs, les tracas vinrent jeter la discorde sur le couple.

La mère d’Habib, Ramata, se chargea d’ouvrir les hostilités. La vieille, connue pour sa hargne, son embêtement et sa volonté de tout contrôler, commença par échouer au domicile du couple à intervalle régulier, puis ne se gêna pas de s’enquérir du calendrier menstruel de sa bru. Toujours avec une feinte hypocrisie, elle fit mine de conseiller la jeune dame, tout en menaçant d’un séjour infernal la femme qui refuserait de porter la semence de son mari, sous entendant par là que la jeune dame refusait d’être mère et observait une planification familiale, ce qui n’était pas vrai.

Voyant que toutes ces démarches ne portaient pas les fruits qu’elle escomptait, la vieille Ramata engagea la vitesse supérieure, celle où il faut vider la bru et la remplacer par une nouvelle. Pour cela, il fallait jouer sur les nerfs de la malheureuse Zena et pour ça, elle pouvait compter sur le concours de ses mégères de filles.

Deux charpies, à qui la vie ne faisait pas de cadeau non plus.

La première avait été mariée quatre fois et ne parvenait toujours pas à garder son foyer. La plus jeune était une prostituée de luxe, derrière toutes les célébrités qui transitaient dans le coin.

Cette dernière particulièrement, à peu près de l’âge de Zena, lui vouait une haine vive qu’elle cachait à peine et c’était elle qui dans ses piques, criait comme un vieux disque rayé :

« Quand on a passé sa jeunesse à avorter, il ne faut pas s’étonner qu’aucun enfant ne veuille grandir dans un ventre qui n’est qu’une tombe » ou « je choisirai moi même  la future femme de mon frère, elle ne devra pas ressembler à n’importe quoi ! » qu’elle s’évertuait à répéter chaque fois qu’elle voyait la pauvre femme.

Blessants, les allusions, les regards et les mots l’étaient tous mais toute préoccupée qu’ était Zena, elle laissait passer, même si elle en perdait l’appétit et le goût de vivre.

Son corps ne cessait de maigrir et les cernes ornaient désormais ses yeux de biche.

Ce que Zena n’arrivait pas à comprendre plus que tout, c’est la volte face d’Habib, l’homme à qui elle avait donné sa fleur et son charme. Habib avait succombé à la volonté de sa mère et était partant pour convoler une nouvelle fois.

Le second mariage se préparait en sourdine et Zena comprit. On ne peut point cacher ces choses au flair féminin.

La nouvelle femme d’Habib était de  quelques  années  l’ainée  de Zena et  était  à  son  deuxième  mariage, belle, elle avait  connu  l’enfer des  violences  conjugales  et  du  divorce  avant  de  se  reprendre  en  main . Le petit  bout  de chou né  de la  première  union avait  juste   4 printemps et était resté chez sa mère.

La belle mère pour achever Zena ne cessait de vanter les qualités de sa conquête, car c’était bien la sienne, elle l’avait choisie, conduit les démarches nuptiales. Donc c’était son choix, sa conquête et pourquoi pas son combat?

Malgré toute cette énergie mise à détruire une vie, c’est aussi, elle, Ramata qui avait eu les  »gentils » mots que chez les peuls on tient à une personne dans la difficulté :

<< Ko mougnaal dey>>. Zena n’était pas dupe. Elle ne craignait pas de partager son mari, même si c’était loin d’être plaisant.

Pourtant, dans la famille d’Habib on n’entendait pas lui faire de quartier, pour que la victoire voulue par la mère et ses filles soit totale, il fallait que la première épouse s’efface, qu’elle parte. N’est-ce pas elle   qui  avait à  leurs  yeux ‘’envouté’’ Habib  pour qu’il n’ait  de  regard  que  pour  elle ?Comme si le cœur était un genou que l’on pouvait plier ou que l’on aurait pu contrôler ce genre d’évènements.

Puis, un bon matin, Habib entouré de sa famille qui ne voulait rater aucun détail de la disgrâce avait signifié la volonté de la voir quitter sa maison. Elle percevait les gloussements hypocrites des mégères de sœurs dans son dos et pouvait même deviner leur joie intérieure mais elle décida de faire dignement ce qu’elle avait à faire et quoi qu’il en soit de garder la tête haute.

Elle n’avait ni crié, ni insulté juste demandé à son homme de lui accorder une faveur, celle de la ramener dans les règles de l’art. Elle méritait de rentrer avec les honneurs et ce qu’accepta son mari qui ne comprenait pas que sa famille, ses sœur et sa mère venaient de le réduire à une vie d’enfer.

Habib fit un paquet de colas et réuni une délégation qui ramena son ancienne épouse  Zena au domicile de ses parent.

Pour tout parent,  cet instant est dur, voire  même insoutenable, cela pouvait jeter un discrédit sur l’éducation qu’il avait donnée à ses enfants mais les propos du griot avaient apaisé le père de Zena,  désormais  convaincu que sa fille n’était  en  rien  fautive et que le mari s’en était juste lassé d’elle.

Alors, il décida de mettre Zena en  »Edda », cette retraite purificatrice qui permet à une femme mariée de s’affranchir des liens de son précédent mariage.

7 mois plus tard, un jeune homme à qui l’aventure suisse avait réussi lui mit, la bague au doigt. Il avait de l’argent et cherchait une compagne, c’était chose faite. Il aima la jeune dame à la limite du possible. Au mariage, il lui accorda les faveurs d’une vierge et lui offrit un commerce et une luxueuse voiture neuve en guise de cadeau de noces. Et comme une réparation que Dieu lui accordait, 6 mois après, Zena avait pris des rondeurs, un bébé s’était réfugié dans ses entrailles. Elle avait chanceler de joie à l’annonce du gynéco et Ousmane son nouveau mari ne manquait pas de la mettre en confiance à propos de cet enfant qu’elle désirait tant.

<<Il viendra quand Allah le voudra>> disait il et cette fois, il était vraiment là car Dieu est du camp des justes, celui des patients.

Pendant ce temps, Habib souffrait le martyr et l’enfer que sa mère promettait alors à la douce épouse désavouée et chassée ans raison. Il avait épousé la bouteille et buvait désormais comme un polonais, son travail lui avait échappé et il n’était plus que l’ombre de lui même.

Sa femme, la nouvelle n’ayant pas supporté la déchéance de son homme était partie avec un nigérian, bien entendu après avoir siroté le nectar, elle laissait Habib dans le pire en lutte avec ses démons…

Cet après midi, la rue la plus fréquentée de la ville était noire de monde, la vieille Ramata attendait un taxi, il fallait jouer des coudes pour se frayer une place, son âge ne lui permettait pas de se livrer à ce jeu, alors elle attendait. Une grosse cylindrée s’arrêta à son niveau, elle était belle et la personne qui la conduisait encore plus, l’inconnu se gara, sortit du bolide avança vers la vieille femme et salua avec la flexion, signe de respect absolu en milieu peuhl:

<<néné on jaarama>>, la vieille paniqua, non ça ne pouvait pas être…Zena, mais la voix…, la vieille Ramata se crut la victime d’un djinn, si la  voix  était  familière, la  personne  en face  l’était  moins  ou  pas  du  tout. Elle sentit  ses  jambes  perdre  appui et  souriante, la  jeune  dame lui  serra  la main  et  l’entraina  vers  le  bolide, elle lui ouvrit la porte   et  aida  la  vieille  à  monter. Zena  conduisit  son ancienne  belle  mère  qui ne  se  risqua pas  à la  conversations  contentant  par  moment  de  satisfaire  son  incrédulité en  jetant  des  regards  circulaires.

La vieille  Ramata, malgré tout  les  efforts  maugréa : « Adouna  no  hewii bimbidje nani? », oui! La vie  était pleine  de  surprises,  elle se  ravisa et sourit machinalement.

Le reste du  voyage  se  fit  en silence…


L’origine de la légendaire hospitalité foutanienne

Dans l’ancien Fouta Djallon, les faibles, les orphelins, les étrangers et les démunis, faisaient l’objet d‘une grande attention sociale.

 L’étagère traditionnelle katanaal

Ainsi, dans chaque case était érigée une sorte d’étagère de terre dont le nom local est katanaal, sur laquelle trônaient des calebasses emplies de lait ou de céréales à préparer, et strictement réservées aux étrangers qui pouvaient frapper à votre porte.

Cette provision ’’kalimbalin’’ était régulièrement changée et permettait aux peuhls d’alors de ne jamais se faire surprendre par une visite.

L’étranger, dans le pulaku, était nourri, logé et respecté sans frais et pouvait rester chez son bienfaiteur tant qu’il le voulait, sans que ce dernier n’ose lui demander au risque de l’offusquer quand est ce qu’il reprendrait la route. De même, un étranger ne pouvait reprendre sa route tant qu’il n’avait pas l’aval de son hôte.

Thierno Lembu : masque d’origine djallonké

Masque en bois, noir qui constitue l’un des derniers vestiges du passé animiste au Fouta.

Après l’islamisation, comme le masque n’était pas cultuel, il a par endroit échappé à la table rase. Son pot se faisait à l’occasion des grandes récoltes par ceux qui n’avaient pas produit, faute de foncier, ou parce qu’âgés ou malades.

Le porteur du masque devait faire le tour des maisons du village, où on lui remettait une calebasse du produit agricole cultivé par la famille visitée. A la fin, les hommes-masques mettent en commun ce qu’ils ont pu récolter et  se le partagent équitablement.

Au passage des hommes munis du Thierno lembu, les enfants sont généralement soit au lit, soit volontairement occupés à suivre un conte chez l’un des patriarches, le but étant de les empêcher d’identifier celui qui est venu chercher le bol du nécessiteux.


La circoncision dans le Fouta Djallon traditionnel : une véritable école de vie

Loin d’être une simple opération chirurgicale purificatrice, dans la tradition Ouest Africaine en général et en société peuhle en particulier, la circoncision était autrefois une vraie école initiatique.


Comme le groupe  était au centre des intérêts et guidait les individus, la circoncision se pratiquait sur une classe d’âge et ce passage solidaire à l’âge adulte faisait des membres de la classe des frères pour la vie.

Avant de traverser l’épreuve du couteau, le garçon était initié au Coran (tobhaande) et apprenait à lire de façon syllabique jusqu’à  en maitriser les rudiments et parfois même lire le coran en entier avant de devenir un homme.

Les préparatifs de la circoncision

Généralement l’opération se faisait après les récoltes et en conseil, les anciens décidaient de qui devait traverser l’épreuve et fixait une date, à partir de là les candidats devaient rendre une visite à leurs lignées paternelle et maternelle et partout, selon la disponibilité on leur faisait des cadeaux (volaille, argent, céréales, etc.).

Le boubou initiatique « Bila » aussi était apprêté, à l’époque, il fallait le teindre avec des écorces de certaines plantes locales de la famille des ficus (Dibhe, nonko, nombondeen, Thiete etc…)

C’est dans cette phase préparatoire que des plats sont préparés avec des herbes médicinales pour soigner les candidats et préparer leurs corps et esprits à ce qui profilait et la veille de l’épreuve un bain rituel leur est  donné.

L’eau du bain est obtenue en plongeant une lame de hache et de houe au feu jusqu’à blanc et les métaux rougeoyant y sont retirés et plongés dans une eau  limpide qui servira à laver le corps de chaque candidat. En pular, ce bain est appelé « ndyan teni et kerimelein » littéralement traduit  l’eau de la hache et de la lame de houe en référence à la solidité du métal qui sert à forger ces deux instruments aratoires qui sont aussi le symbole du labeur, puis l’on procédait au rasage de la tête des candidats.

Sur la route de la forêt

Le jour J, dès l’aube, la classe d’âge est conduite à la clairière choisie pour le passage de l’enfance à l’âge adulte, il est bon de rappeler que la circoncision servait de transition à ces deux étapes aussi.

Des jeunes ayant déjà franchi le cap avait été en amont choisi pour coacher les ‘’initiés’’ après l’opération et pour toute la durée de la convalescence jusqu’à la sortie de la retraite. Ces surveillants sont appelés « seema » et ils étaient chargés d’installer chaque garçon à s place et de le déshabiller  le moment venu pour l’opération et de lui placer une noix de colas entre les dents pour étouffer la douleur.

Puis dans la pénombre de l’aube, e rouge vêtu venait l’initiateur entouré de ses disciples, cérémonieux tous de rouge vêtus, le maitre, un sceptre à la main était le plus fascinant et il portait des clochettes aux hanches, chacun de ses pas vers la clairière rappelait l’imminence de la circoncision et cette descente à la fois attendue et inattendue glaçait de peur le pus courageux des hommes.

A son arrivée, le silence est à couper au couteau  et c’est lui seul qui  avait la prérogative pour la circonstance de le briser.

« Assalamaleykum ! Tes parents m’ont confié la mission  de te mettre sur la voie du prophète » répétait-il devant chaque gosse avant de pratiquer l’opération qui ne durait que le temps d’un clignement d’yeux.

La circoncision commençait par l’ainé du groupe ou le fils de l’ainé des parents dont les fils sont emmenés à la circoncision.

Après l’opération, chaque  nouvel initié était habillé par son oncle maternel choisi qui mimait deux fois avant de l’habiller pour de bon à la troisième tentative en prononçant des incantations inaudibles.

A la fin de l’opération autant il y avait de candidats et si tout s’était bien passé, le chirurgien-initiateur tirait avec son fusil autant de coups que de circoncis.

Les Bari jely étaient de grands sorcier qui disait-on lorsqu’ils étaient expérimentés pratiquaient l’opération sans contact. On se contentait de lui remettre des  citrons autant qu’il y avait de garçons à purifier et de son couteau d’opération, il ne tranchait que le citron et le candidat correspondant à ce fruit sentait une furtive douleur et sentait avoir été touché.

Quand les coups de fusil retentissaient, les jeunes  accompagnants portaient des branche et au pas de course rejoignait le village pour porter la bonne nouvelle du succès de l’opération alors la joie  commençait.

Une danse était organisée et ne concernait que le Bari jely et sa suite, celui qui a conduit l’opération ouvrait le rituel et devait aussi le clore. Et des cadeaux leur était fait.

Après ce rituel de danse, les initiés eux devaient manger un plat de riz spécifique appelé « gniri ngodjo » littéralement le plat pour exorciser la peur, il était concocté spécialement, avec des ingrédients recommandés pour une rapide guérison et une bonne endurance.

L’importance de la canne initiatique ‘’diraal’’

Pendant toute la durée de la convalescence, les initiés tiennent chacun une canne  droite et bien sculptée  et surtout décorée au bleu de linge ou par pyrogravure sur la partie supérieure, canne dont la résistance et la bonne tenue révélait des informations sur la future épouse de l’initié si elle était tordue ou courte le préposait risquait d’avoir une épouse similaire, si elle cassait l’initié n’avait pas longue vie et était à surveiller.

La clôture de la circoncision

Après près d’un mois ou un mois juste de convalescence, la plaie s’est cicatrisée et les garçons ont repris leur adresse et leur endurance habituelle alors une date est à nouveau fixée pour la fin de la cérémonie.

La veille un plat à base de mais local agrémenté de pattes et d’une tête de bœuf découpée est préparée et servie aux initiés et une nouvelle fois leur tête est soigneusement rasée et e lendemain, ils sont conduits  à la rivière où ils doivent prendre un bain purificateur.

On leur distribue des habits neufs et une procession les raccompagne  vers leur domicile familial à quelques mètres de là ils sont poursuivis  fouet  végétal en  main et chacun doit relever le défi  de aire trois fois la maison de sa mère ou de la première épouse de son père avant de s’y engouffrer.

Là aussi ceux qui tombent durant le parcours sont réputés avoir une courte vie.

Ce fouet qui les poursuivait doit finir  au niveau de la chambre maternelle et devait servir de premier combustible à la préparation du repas lors du mariage de l’initié.

Dans bien de cas à la sortie de la circoncision et dans les dix jours qui suivent le mariage du désormais homme que l’initié est devenu était célébré et sa case nuptiale était  furtivement aménagée et équipée pour deux avec charge pour le couple de lui apporter progressivement tout le confort qui sied à un ménage.

Cette fin d’initiation était aussi l’occasion de rappeler que les frères d’initiation se devaient assistance à vie, ils apprenaient aussi à maitriser leur libido et à ne pas batifoler de gauche à droite, on leur apprenait de ne jamais entrer dans une maison sans l’autorisation expresse du maitre des lieux et jamais à son absence.


Le ’’tunni’’ : Cette merveilleuse flûte pastorale dont on ne sait pas grand-chose de nos jours

Le folklore peuhl du Fouta Djallon est riche de plusieurs instruments de musique dont le plus connu est incontestablement la flute pastorale en pular ‘’serduu’’ ou encore ‘’tambiruu’’ mais à côté de cet instrument qui n’est plus à présenter existe aussi un autre de la  même famille des instruments à vent un  cousin moins populaire certes que la plus flute pastorale habituelle mais qui est d’une originalité non moins éloquente.

Cette catégorie de flûte en poular s’appelle ‘’tunniru’’.

Différence entre tambin et tunni

La différence réside au fait que le  »tambin » ne   comporte que trois trous alors que le ‘’tunni’’ en comporte 5 et se termine sur des anneaux fait à base d’un certain type de calebasses, chose qui apporte la particularité et le charme  captivants du son de l’instrument.

Origine :

En Guinée l’instrument se localise principalement dans la région  de Mamou et des légendes comme  Sory Kandia Kouyaté le chantre de la révolution se faisait accompagner de lui pour bien de ses prestations.

Aujourd’hui dans la région Foutanienne, l’un des derniers ‘’tunni’’ est la propriété d’un maitre de la parle dénommé Koumana Bah originaire de Pita, l’homme est à la tête d’un  collectif de 14 artistes tous totalement voué au sauvetage de la culture pastorale, pour lui culture et tradition sont indissociables.

L’homme connait le rôle des gaoulos, Djelis et autres gnamakalas dans nos sociétés d’essence traditionnelle et il se voudrait continuateur de cet art traditionnel même s’il avoue que de nos jours léguer son savoir faire n’est pas chose aisée à cause  des sabotages et du manque de respect de certaines personnes qui considèrent la pratique de la musique comme une activité profane.

Pourtant, sans coup férir, Koumana Bah explique :

«  je n’ai pas appris ce métier je l’ai hérité de mes deux parents … »

Tout e précisant que son instrument lui a tout donné, il met un accent sur la force de l’héritage de son savoir faire qui ressort aussi de son fort caractère :

« Si de tes parents tu as hérité le vol ou le mensonge pratique le avec tout le cœur, fais en un art… »

Conscient de l’enjeu de la disparition du savoir faire musical local et des instruments locaux soumis au diktat des instruments importés, le tunni de Koumana Bah continue de faire le bonheur de certains nostalgiques des valeurs traditionnelles et l’homme est prêt à accompagner le musée du Fouta dans son nouveau challenge, celui de reconstituer un noyau important des instruments de musique du folklore peuhl ainsi que de l’enregistrement des classiques de ce mine culturelle d’une rare authenticité.


Les étapes de la vie chez les peuhls : De la naissance à la sortie du parc (retraite)

sage enseignant le Coran
Amadou Hampaté Bâ est considéré par le commun des mortels, comme le plus grand expert de la culture peuhle et à ce titre, ces travaux sont école pour tous ceux qui éprouvent de l’intérêt pour le mode de vie, les croyances, les us et traditions peuhles.
L’auteur de la célébrissime maxime : « En Afrique quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », a dans ses archives abordé la question des classes d’âge (guirè pluriel de guiraal) dont ce qu’il suit est l’essentiel que l’on puisse retenir.
Pour le peuhl le chiffre 7 est plein de sens puisqu’il considère qu’il y a 7 cieux et terres et pas que.
Pour le sage de Bandiagara, l’Homme est un être qui est à la fois tout et rien. Une explication dont il a partagé le sens enfoui.
L’homme est tout parce qu’il porte une parcelle de la puissance créatrice et il n’est rien parce qu’un simple rhume peut le paralyser.
Les divers étapes du cycle de vie chez les peuhls
Chaque cycle complet de vie chez les peuhls, comporte 9 degrés et chaque degré se subdivise en trois étages à trois paliers de 7 ans.
De 0 à 7 ans : A l’école de maman
L’enfant est à l’école de sa mère, il est fragile et voit tout sous l’angle du regard de la mère, tout ce que cette dernière dit est une vérité absolue à l’aune son regard.
De 7 à 14 ans : A la découverte du monde extérieur
L’enfant sort du giron maternel pour découvrir l’extérieur, il découvre la nature et toutes sortes d’initiations, il apprend des choses et vient demander la médiation ou la confirmation de la mère dont il se détache de plus en plus.
De 14 à 21 ans : L’âge de raison

Dans cette fourchette d’âge, l’enfant apprend à raisonner, à relier de façon logique des évènements, il les comprend dans leur enchainement et cette étape marque la fin du petit cycle qui est celui du prime apprentissage.
La phase de maturité
De 21 à 42 ans : L’entrée dans le vestibule des hommes
Dans cet intervalle, l’homme est désormais un adulte et fait son entrée dans le cercle des hommes (vieux), sans toutefois être autorisé à prendre la parole. Il observe, prend le temps de mûrir en se soumettant aux instructions des ainés.
De 42 à 63 ans : le temps de la maturité

Le cycle est achevé et l’occasion est opportune pour que l’homme accompli qui est passé par toutes les étapes de la procédure puisse inculquer à son tour la connaissance acquise à d(autres classes d’âge et il a l’obligation jusqu’à 63 ans d’été disponible pour sa communauté.
63 ans : l’âge de la retraite ou la sortie du parc
La mise à la retraite en occident peut équivaloir chez les peuhls à une expression moins agressive et plus humaine ‘’yaaltingool kaa wuuro’’ qui peut signifier que l’homme est désormais hors du parc bovin.
A ce niveau plus aucune exigence ne pèse désormais sur l’aïeul qu’il est devenu, mais de son propre chef, il peut décider d’apporter son expérience au groupe, à la mesure de sa volonté ou de ses convenances.