Et si c’est mon mari qui n’avait pas la bonne semence ?

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12 février 2018

Et si c’est mon mari qui n’avait pas la bonne semence ?

Aicha s’était mariée en grandes pompes. Elle était alors, la fleur qui perturbait le sommeil des jeunes célibataires de Labé. Sa couleur café au lait que rendait spéciale une longue chevelure et ses dents nacrées faisaient d’elle une légende.
Son mari Ali revenait de 10 ans d’aventure aux USA et il y avait fait fortune. Il différait d‘ailleurs de tous les ‘’diaspos’’ qui rentraient au pays car nul jamais ne l’avait vu flirter avec la moindre fille.
Ce pseudo modestie donnait une aura de mystère à Ali. En tout cas pour tous, c’était l’homme idéal.
« L’Amérique ne l’a pas changé » disait-on dans les commérages .
Deux ans s’étaient écoulés depuis le mariage de Ali et Aicha. Leur union était enviée et enviable sauf que l’essentiel tardait à venir, un enfant. Sur ce point la mère de Ali commençait à se faire menaçante et ses sœurs lançaient les plus vilaines des insanités sur elles.
« Si tu n’arrives pas à pondre, c’est de ta faute, tes ovaires sont arides à force d’avorter… ». Sans gêne aucune, les sœurs persiflaient. Au mariage de Aicha, elles savent que le couvre lit était taché du sang virginal. Simplement, la plus petite des sœurs n’a jamais pardonné à Aicha de lui avoir fait de l’ombre de longues années durant. Tous les hommes étaient aux pieds de Aicha, alors, condamnant toutes les autres filles au menu fretin.
Aicha souffrait en silence. Elle ne manquait de rien certes, mais les insinuations de la famille de son mari avait la douleur d’une dague dans son cœur.
Aicha, d’habitude si pieuse était si désespérée qu’il lui arrivait parfois de consulter des marabouts et autres diseurs de bonnes aventures. Malgré la prison dorée qu’était sa maison, elle fondait comme beurre au soleil.
La rencontre de l’espoir
C’est dans ce climat délétère que Aicha fit une rencontre, celle de Dialy Dia, jeune dame au physique imposant et au visage rassuré. Elle était avocate et les droits féminins étaient son cheval de bataille. Thierno, l’ami et cousin de Aicha présenta les deux femmes et elles s’isolèrent. C’était dans une soirée de gala. Aicha narra son malheur et Djaly promit de l’aider « mais j’ai besoin de savoir que tu ne vas céder à aucune pression avant de m’engager » , la femme opina et comme une flèche la panthère des prétoires s’en alla.
La bataille judiciaire :
Deux jours après cette rencontre déterminante, Djaly exigea une plainte de sa cliente et la déposa au tribunal. Une première audience fut tenue et la brave femme en profita pour réclamer que le couple se soumette à un examen de fertilité. Ali était abasourdi, sa famille encore plus. Le secret jusque là bien gardé était menacé. Le juge autorisa.
L’heure de la vérité
Depuis cette audience introductive, la pression avait changé de camp. Comme par magie, les sœurs se faisaient plus câlines, la mère de Ali elle même voulait établir une sorte de complicité entre elle et Aicha, mais elle n’était pas dupe.
Comme elle l’avait promis à Djaly, Aicha tint bon.
Quand Dieu veut aider une de ses créatures, il transforme pour elle les obstacles en avantages. C’est ce que s’apprêtait à vivre Aicha. L’expert choisi pour faire le test était le prétendant de Djaly et son cousin, lui savait sur quel dossier sa dulcinée travaillait. A l’implication de la dame ,il savait qu’elle y tenait , voilà pourquoi, il refusa les millions proposés par la famille de Ali qui tenait à noyer le poisson.
La victoire de la justice sur la violence morale
Les résultats une fois prêts, le juge convoqua une autre audience. Les parties vinrent répondre à l’appel . Ali était sur ses nerfs, il savait qu’il était incapable de procréer et cette triste réalité allait sans doute refaire surface dans un instant. Sa famille, sur ce coup était restée au domicile sans doute pour ne pas assister au verdict . Elle en avait fait baver Aicha mais Djaly avait ravivé son espoir.
Le juge tira tout le monde du silence en déclarant :
« nous avons reçu les résultats et les examens révèle que dame Aicha est apte à la procréation, ce qui n’et pas le cas du mari … »
Le reste des mots se perdit dans l’écho et Aicha sanglota puis s’effondra dans les bras de Djaly.
Le regard baissé, Ali était tendu comme un arc et son avocat avait aussi perdu son latin. Le juge continua :
« Madame ! vous pouvez obtenir le divorce si vous le souhaitez ou rester près de Mr Ali ,il n’en tient qu’à vous et votre mari est condamné à vous verser la somme de 100 millions pour préjudice moral. »
Djaly remercia la cour et tira sa cliente par la main, Ali se laissa choir . L’audience était finie et la victoire était totale…

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