Le « tuupal », une cérémonie pastorale à l’épreuve du temps

Article : Le « tuupal », une cérémonie pastorale à l’épreuve du temps
23 janvier 2019

Le « tuupal », une cérémonie pastorale à l’épreuve du temps

Chez les peuls du Fouta Djallon, en Guinée, l’élevage a été pendant de longues années la raison de vivre de la communauté. L’essentiel de la vie sociale était axé sur trois grands piliers : la femme, la vache et la foi.

Le tuupal, qu’est-ce que c’est ?

Le tuupal était une cérémonie au cours de laquelle chaque berger préparait une nourriture spéciale appelée « mondè » qu’il administrait à son cheptel. Cette nourriture était un mélange de terre issue d’une termitière active, d’une plante gluante locale appelée « laaka » dont le nom scientifique est cissus aralioides, de lait de vache fraichement tiré et de sel. Le breuvage était mélangé jusqu’à homogénéisation, avant d’être remis aux animaux.

Avant que le « mondè » ne soit préparé, il y avait un autre travail : la fabrication du contenant. Un panier géant était fabriqué à partir de tiges de bois de « kaansi » (anisophyllea laurina) retenu par des fibres végétales d’autres plantes locales. Puis le panier était consolidé dans de la terre pour garantir son étanchéité. Autour du panier, trois ou quatre baguettes garantissaient l’équilibre de l’ustensile.

La mesure du sel

Le tiers, la moitié voire un sac de sel entier était nécessaire selon la quantité de « mondè » à préparer. Pour jauger de la quantité à mettre, un jeune ou un adulte plongeait sa main dans le mélange en préparation. Si le niveau du breuvage touchait ou excédait le poignet, un sac de sel était nécessaire ; s’il arrêtait au niveau de la ligne palmaire centrale, la moitié du sec, et si le « mondè » atteignait seulement le niveau des tarses, le tiers du sac. Celui qui devait saupoudrer le mélange de sel devait faire un trou dans le sac et faire le tour du récipient géant.

Une fois le travail de malaxage terminé, les animaux étaient emmenés par catégorie pour le breuvage. Le berger lui-même pouvait gouter le premier, puis les animaux les plus forts du cheptel, les moins forts ensuite et les veaux à la fin.

Les vertus du tuupal

Ce rite pastoral avait trois vertus principales :

  • La fidélisation du troupeau par l’administration du sel marin,
  • Le déparasitage des bœufs,
  • L’inventaire du cheptel, ce moment permettait aux bergers de faire l’état des lieux de leur élevage.

Par le passé, c’était aussi l’occasion de beaucoup de mariages dans la communauté.

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