Alfa Yaya Diallo : L’extrême générosité comme rançon de l’immortalité


C’était à l’époque où, les hommes n’avaient qu’une seule parole, l’époque des chefferies, des complots et des intrigues de palais, l’Almamy Bokar Biro, officiait alors comme 14 ème souverain du Fouta Théocratique.
A cette époque, Alfa Yaya Diallo avait pris les rênes du pouvoir, succédant à l’homme de Kansala, son père, Alfa Ibrahima à la tête du diwaal de Labé comme 26 ème roi de cette province. Son père portait ce nom pour avoir joué un rôle moteur dans la prise de la capitale du Ngabou, royaume manding fétichiste aujourd’hui partie intégrante de la Guinée Bissau.
Les hommes avaient repris goût aux douceurs de la vie, il n’y avait pas de campagnes martiales majeures et Alfa Yaya faisait la navette entre ses palais de Labé et de Foulamory aujourd’hui dans la préfecture de Gaoual.
De Alfa Yaya, les griots disaient qu’il était ouvert et que toutes les races se donnaient rendez-vous sous son toit, de Alfa Yaya, on disait qu’il était d’une générosité et d’une prodigalité sans bornes, on disait aussi de lui qu’il pouvait rester du matin au soir sans bouger pour ne pas qu’un esprit malin puisse croire qu’il craignait une désagréable surprise. Alfa Yaya ne mangeait jamais un plat cuisiné par une femme, son cuisinier personnel s’appelait Kaba Mané et lui seul avait sa confiance.
Ailleurs à Kaasso, un griot grattait son instrument pour tuer le temps et la solitude, dehors, une femme s’efforçait de lui préparer un coupe-faim.
Après un rude combat, le plat fumant fut servi et Djeliba se dessaisit de son instrument, le rangea soigneusement, trempa ses mains dans une calebasse d’eau et honora le plat préparé certes avec cœur mais loin d’être copieux.
En s’empiffrant, une idée germa dans la tête de Djeliba, il allait partir à la cour de Alfa Yaya, décidé de rompre avec cette nourriture sans goût et pour témoigner par lui-même de la prodigalité du ‘’kelemansa dein’’, le fils du chef de guerre, en référence à son père qui était le commandant des troupes du Fouta lors de la conquête du Ngabou.
(…) Djeliba fit sa route à pieds, armé de son éternelle instrument de musique, il alla de village en village, jusqu’à Labé, aux portes du palais du Alfa.
Sur place, la sentinelle veillait au grain. Sa garde prétorienne était constituée pour la plupart d’étrangers bambaras ou cebhes, groupe social manding rescapés de l’armée du Ngabou défait par son père qui en épousa en dernières noces la princesse Koumanthio, mère de Alfa Yaya. Les plus irréductibles de cette garde prétorienne avait pour nom : Pathé Dara, Koula Dara, Yero Foula Dara , Manga Madi Kambata, Mangadouba Sougué, Manga Terrena Kankelefa, Maandi Gnampaye, Kekouta Bambara, Fally Biyaye, Koumoutha Dara, Aliou Ceddho, Harouna Ceddho.
Chacun des hommes de Alfa Yaya, d’un revers de main pouvait ventiler une personne normale et ils dirent à Djeliba : « gardes tes distances de nous, car l’air que nous dégageons ferait mal à une personne ordinaire » allusion faite aux bains occultes.
Djeliba fit des jours à l’entrée du palais, jouant de son instrument et partageant le repas des soldats, il ne perdit jamais patience.
Au bout de 9 jours d’attente, il accéda à la salle d’audience, Alfa Yaya était là entouré de sa cour et en maitre de la parole Djeliba partit en louanges au premier contact, enchaina les superlatifs, les paraboles flattant l’égo du noble peuhl.
Djeliba avait atteint le souverain, touché ses fibres sensibles au point de jeter un silence de plomb dans le vestibule, pas un n’osait rompre le charme et la magie de l’instant. Même Farba, le griot du roi était presque devenu aphone.
Après un bon moment Djeliba sachant qu’il avait désormais l’attention du monarque fit taire son instrument et s’adressa à lui :
« noble Alfa Yaya, fils du vénérable Alfa Ibrahim, descendant de Karamoko Alfa, père fondateur de Labé, cœur et esprit du Fouta Djallon, si une vipère reconnaissait la plante de tes pieds, elle se refuserait de te mordre, tu es clair de peau et ton cœur l’est davantage…Noble Alfa, ton griot que je suis est venu chercher hospitalité chez toi, je suis venu de très loin te demander ce qu’aucun griot n’a jamais obtenu d’un roi, en échange, je te donnerai ce que peu de griots ont pu donné à leurs souverains, l’immortalité, je te hisserai à un niveau qu’aucun de tes pères et aucun de tes successeurs n’osera revendiquer, ni maintenant, ni jamais »
Peu bavard, Alfa Yaya laissa peser le suspens, l’entourage savait que le marché était judicieux, même si personne ne savait comment le griot étranger allait s’y prendre. Le silence était si puissant que Djeliba craignait d’avoir offensé le maître de Labé et c’est à cet instant précis que Alfa Yaya parla doucement, faisant se dresser son griot qui repris à haute voix ses paroles, pas sans les enjoliver du mieux qu’il put.
« Le roi Alfa Yaya t’as écouté et entendu, maitre de la parole originaire du Mandé, comme à ses habitudes, il nourrit gueux et passants, nourrit orphelins et nécessiteux et protège avec la dernière énergie cette terre acquise au prix du sang de ses aïeux, mon roi te donne l’hospitalité et te souhaite un bon séjour sur la terre de ses pères »
Quand le conseil fut suspendu et que ses membres se retirèrent, Alfa Yaya resta et fit venir un de ses hommes de confiance, alors, il ne restait dans le vestibule que Djeliba, le griot du roi et Alfa Yaya lui-même, alors il enjoignit à son homme de confiance :
« Cet homme est mon hôte, je le place sous ta responsabilité ,fais en sorte qu’il ne manque de rien et ne me fait pas honte »
Le ton était implacable certes, comme d’habitude, mais ce n’était ni ordre, ni une supplication.
Le lendemain, Djeliba avait déjà un abri cossu, rien à voir avec son paillasson de Kaasso, et vers l’aile du palais qu’il occupait, on avait acheminé sous la diligence de l’homme de confiance du roi une cargaison des meilleures variétés de riz, de fonio et d’arachides grillées, des animaux de boucherie pour agrémenter les plat de l’invité, du tabac et des fraiches colas de quoi adoucir le séjour de Djeliba.
Des mois s’écoulèrent, Djeliba était dans la luxure et sous la protection du maitre de Labé mais un jour à l’aube de l’hivernage, nostalgique de son village, il demanda au roi la permission de retourner chez lui, c’était un jeudi soir, Alfa Yaya opina et lui dit :
« demain, après la grande prière hebdomadaire, je réunirai le conseil et je te répondrai, Djeliba »
Le lendemain, après la prière, le gouvernement de Alfa Yaya se réunit au palais, étaient présents :
Modii Yaya Waalan, Thierno Mbindirin de Niagantou, Thierno Mamoudou de Labe depphere,Thierno Mamoudou Djoungool Satina,Farba Pathé Bendjou, Farba Amadou Kalidou de Niakaya, Farba Siré Daka Dian Wely, Manga Madi Kambala, Manga Douba Sougue, Manga Lamina Balandou Dombiyadji, Manga Terrenna Kankelefa, Fally Biyaye,Kekouta Bambara. Comme d’habitude, on partagea le repas royal et chacun reprit sa place habituelle dans le vestibule royal.
Alfa Yaya s’installa, son visage détendu de la minute d’avant avait repris son masque de cire et il prit ses aises.
Alors, son griot briefa l’assistance et expliqua que ce n’est pas un conseil de guerre, mais une réunion qui concerne les préparatifs du retour de Djeliba qui est aussi l’invité personnel du roi.
Le griot s’assit, Alfa Yaya prit la parole après un long blanc et dit s’adressant à Djeliba :
« Je te donne 10 poules… le suspens se fit encore plus grand, Alfa Yaya prenait son temps et tout le monde commençait à penser que c’était tout le cadeau, le prix de l’immortalité, alors il enchaina … et 10 coqs des plus gros, je te donne 10 chèvres et 10 boucs gras, je te donne 10 brebis et 10 béliers des plus hauts encornés, je te donne 10 génisses et 10 taureaux, je te donne 10 sacs de chaque type de céréales cultivées au Fouta, je te donne 1000 talents d’argent, je te donne 10 corbeilles d’habits riches cousus et 10 autres de tissus non cousus, je te donne un cheval et un fusil, je te donne un baril de poudre, tu m’avais demandé une femme, je te donne 15 jeunes filles nubiles du clan des Mané et des Sané et leur dot je… »
Le griot coupa le souverain et entonna « Alfa Yaya Mansalou Gbemankaan… » Ce qui signifie que tous les chefs n’ont pas la même grandeur.
Alpha Yaya désigna aussi des hommes pour porter les cadeaux jusqu’au village de Djeliba à Kaasso. Ainsi avait parlé le ‘’kelemansa dein’’.
Djeliba encensa Alfa Yaya, le couvrit de louanges et d’éloges. Comme convenu Alfa Yaya avait remplit sa part du contrat, il avait versé le ‘’prix de l’immortalité’’ et il attendait la contrepartie, Djeliba devait remplir sa part du contrat, il s’apprêtait à ouvrir les portes de l’immortalité à un homme qui ne demandait pas moins, Alfa Yaya, le fils dont la prophétie avait annoncé l’avènement, le fils issu de Alfa Ibrahim et de la princesse du Ngabou, la Nanthio Koumanthio Waly Sané, princesse de sang et fille du redoutable Dianke Wally, le roi à la lance ignée .Volontairement, Djeliba prenait son temps comme il sied à quelqu’un dont dépend l’immortalité.
En ce moment, n’importe quel autre homme se serait demandé en quoi les louanges de Djeliba différaient de celles des autres maitres de la parole ? Mais prononcer les mots justes qui allaient changer le destin d’un homme et le faire survivre aux rides du temps, à ses griffes, c’était magique !
« Alfa Yaya mansalou gbemankaan, toono le kaa gnadjiboo » cette louange vue de la superficie pouvait paraitre anodine mais elle ne l’était en rien car elle inspirera 46 ans plus tard, liberté, l’hymne de la Guinée libre de l’asservissement. Pour une immortalité, on n’aurait pu mieux rêver.
… Deux ans s’écoulèrent, devenu notable influent, Djeliba décida de revenir renouveler sa reconnaissance à son bienfaiteur, quelque part au cours d’une halte, un homme reconnut Djeliba et lui demanda l’objet de sa nouvelle visite sur les terres de Labé, il répondit :
« Je viens renouveler mon amitié, ma gratitude et mes respects au maitre de Labé »
L’homme reprit :
« Donc ! Tu ne sais pas ce qu’il s’est passé ? Alfa Yaya a été mis aux arrêts la semaine dernière et a été acheminé à Boké par les blancs, mais il a un successeur tu peux toujours allé le rencontrer »
Djeliba reprit son air « Alfa Yaya Mansalou Gbemankaan, tonoo le kaa gnadji boo… » il rajouta qu’à la chute de tout baobab, des champignons poussaient en lieu et place sans compter que tous les oiseaux qui y nichaient s’en allaient à jamais, la parabole épousait la situation et l’allusion était claire Alfa Yaya était un baobab et pas le successeur et jetant son instrument par terre , il le brisa et jura de ne plus chanter les louanges d’un souverain quel qu’il soit, en souvenir de la générosité du roi Alfa Yaya, générosité, dont il est lui Djeliba désormais le témoin éternel.

Que veut Daddy à la fin, troisième mandat ou glissement ?

La Guinée jusque là ne trahit pas sa réputation de pays tumultueux. Après 26 ans de révolution, 24 ans de poigne militaire, 2 accidents ayant porté Dadis et El Tigre au pouvoir, Alpha Condé est arrivé pour boucler la boucle d’un cycle aux conséquences déjà fâcheuses.
Après plus d’un demi-siècle dans l’opposition, qui lui ont laissé un goût particulièrement amer, il rêve, au pire, d’un troisième mandat, au mieux, d’un glissement. Daddy a vite annihilé les espoirs des Guinéens d’avoir enfin un président intellectuel.

Après un premier quinquennat raté comment Alpha Condé a- t-il pu se maintenir ?

Sans doute la question à un dollar… En 5 ans, Alpha Condé s’est illustré par ses voyages infructueux, ses promesses sans lendemain, ses pieds de nez à l’opposition… Comme la fois où il ne s’est pas gêné pour dire dans une assemblée de son parti, en parlant des opposants :

« Laissez-les aboyer, ils n’ont qu’à marcher, marcher, rien n’empêchera le train du changement… »

Le locataire de Sékhoutouréya* a conservé sa rudesse de ton et de propos, mais la vraie question est celle de savoir : par quelle alchimie s’est-il maintenu ?

N’importe quel esprit lumineux peut comprendre que rien ne pourrait entraver ses projets. Alors qu’il était à la quête du Graal [la présidence], Alpha a pu inverser un score qui lui était défavorable aux lendemains du premier tour de la présidentielle de 2010… Quoi, ou qui, pourrait arrêter un tel homme ?

Entre doutes et certitudes d’un ‘’autre’’ mandat

Alpha Condé est un chef d’État qui a donné un coup de pied dans un nid de frelons… et tous les problèmes lui ont pété à la gueule au même moment ! Avec, bien entendu, une patate chaude qui s’ancre dans la durée : les huit millions du SLECG*.
Dans ce capharnaüm, Alpha ne cherche pas à régler les problèmes, mais simplement à les déplacer, à gagner du temps… En font foi les perpétuels jeux de cache-cache avec l’opposition, les syndicats, les forces vives sans qu’il ne soit égratigné une seule fois.
Ses adversaires ont toujours eu de l’élan mais ont tremblé quand il ne fallait pas, et se sont fait duper.

Une seule obsession : Briser les voix discordantes à tout prix

En deux mandats, Alpha Condé se sera frotté à tous les fondements de la démocratie, tentant de les affaiblir ou de les phagocyter.
Dans ses réflexes, on sent que l’opposition pour lui n’est pas que cette poignée de partis politiques faisant front sous la conduite de Cellou Dalein, c’est toute voix qui veut et peut se lever pour contrecarrer ses plans.
Les médias ont eu droit à leur part d’intimidation et le feuilleton Espace est encore dans les esprits*, l’Assemblé nationale a une majorité arc-en-ciel à ce jour et la cour constitutionnelle est tombée dans les travers avec l’éviction de  son président, Kelefa Sall, qui s’opposait aux ambitions d’Alpha Condé.
Nous pouvons alors dire que le pari de rempiler est en bonne voie, tout ceci ajouté au silence de l’homme sur la question ou ses colères noires quand le sujet est évoqué. Voilà des signes qui ne trompent pas.

Troisième mandat ou glissement ?

Si la peur de voir Alpha Condé s’éterniser au pouvoir est réel chez le guinéen lambda, pour son image à l’extérieur il est peu probable qu’il tente de tordre le cou à la constitution. Mais rien n’est moins sûr pour ce qui est du glissement. Et pour cause, le précédant congolais avec Kabila junior fera des émules et Alpha Condé fera tout pour chambouler les institutions, les monter les unes contre les autres, créer des vides juridiques et autres excuses astucieuses… Tout pour créer une exception pour inspirer une situation exceptionnelle. Ensuite, l’hypocrite opinion internationale ‘’décrétera’’ le laisser agir le temps d’organiser des élections. Pendant ce temps, lui est peinard et prépare un ‘’dauphin’’ tout en piégeant la Commission électorale nationale indépendante (CENI)… Et sans faire un troisième mandat, il en aura fait un… Surtout que la préparation matérielle peut prendre deux ans et plus!

 

*Le palais Sékhoutouréya est la résidence officielle et le bureau du président de la Guinée. Il est situé à Conakry. Son nom fait référence au premier président de la République, Ahmed Sékou Touré.

*Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée

*Le ministre de l’information de l’époque, Cesaire Togba a refusé au groupe Hadafo media la licence lui permettant d’ouvrir sa télé. La radio du groupe constituait déjà une arête à la gorge du régime. Devant ce refus le groupe va s’allier le soutien populaire nécessaire à l’obtention de la licence. 

*Cette flopée de partis qui gravitent autour du Rassemblement du Peuple de Gunée (RPG), parti qui a porté Alpha Condé au pouvoir.

*Kelef Sall était le président de la cour constitutionnelle de Guinée, mais, depuis la deuxième investiture d’Alpha Condé, les relations entre les deux hommes sont grippées… Et pour cause, Kelefa Sall ne s’est pas gêné de mettre en garde le professeur Alpha Condé de pas succomber aux chants des sirènes révisionnistes. Voir cet homme se faire évincer comme un malpropre par ses pairs avait des airs de vengeance de la part d’Alpha Condé, qui a vite acté cette éviction.

 

le cousinage à plaisanterie et la force du serment en Afrique traditionnelle

Le cousinage à plaisanterie : Une réalité africaine
Pratique née sous le mandé médiéval, le cousinage à plaisanterie permet aux cousins de dire des vérités qui en autre temps auraient soit blessé soit suscité une réaction négative et celui qui reçoit la plaisanterie doit l’accepter et se plier aux exigences du sanakouya.
Ainsi, par ce biais, on peut attirer l’attention d’un chef sur sa façon de gérer, à une personne de renom on peut toucher ses défauts sans qu’elle ne se sente rabaissée ou offensée.
Au Fouta Djallon, par exemple en guise d’illustration, les Diallo sont les cousins à plaisanterie des Bah, les Barry ceux des Sow et de la même façon les Tounkara, Garankés sont les cousins des Diakankés quel que soit le nom qu’ils arborent. (Conté, Diaby, Diakaby etc.)
Dans ce billet, c’est justement, l’imbrication entre ces deux entités sociales qui nous intéresse.
Garankés et Diakankés : Une amitié multiséculaire
Ces deux entités sociales, sont amies depuis des lustres, impossible à camper cette amitié dans le temps mais au Fouta Djallon, le hasard s’est chargé du rapprochement.
A la fondation de la grande mosquée par Karamoko Alfa, chaque fois que le mur était bâti le jour, des forces venaient le détruire de nuit et le lendemain, il fallait tout recommencer.
Déterminé à finir son œuvre, Karamoko Alfa ne se découragea pas et fit appel à l’ancêtre des Garankés Balla Tounkara , ce dernier répondit mais posa comme condition que le maitre de Labé, le laisse associer son expertise à celle de l’aïeul des Dikankés, Souman Fodé Diackaby et à deux, ils exorcisèrent le lieu permettant au pieux Karamoko, de finir tranquillement son chantier.
En guise de récompense, aux deux consultants, il fut donné es terres que l’on peut localiser de nos jours à Paraya et Konkola où vit une forte concentration des descendants de ces deux patriarches.
Pourquoi le mariage est-il interdit entre Garankés et Diakankés
Deux femmes vivaient ensemble avec leur époux, le premier couple était Diakanké et le second Garanké, les deux femmes étaient toutes nourrices et un jour alors que les époux étaient au champ et que les deux femmes étaient aux tâches du ménage, un feu se déclara dans la case, où dormaient les deux nourrissons. Prises de panique les deux dames se précipitèrent dans le brasier, chacune ramassant l’enfant sur lequel elle était tombé en premier sans savoir si c’était le sien ou non.
Dans la débandade, chacune s’en alla de son côté, sans revenir sur ses pas et depuis lors comme nul n’a pu savoir qu’est qu’il en était, il a été décidé que ces familles ne se marieraient jamais pour éloigner tout ‘’inceste’’ car devant le doute, la prudence veut qu’il n’y ait aucune prise risque.
Aujourd’hui encore, les sages de ces familles, en gardiens du temple veille au grain pour ne pas qu’un des leurs ne brisent cet interdit multiséculaire.

Le turban chez les peuhls de Guinée : signe de pouvoir et de connaissance

Dans l’histoire du Fouta Djallon, le turban, appelé metelool, est présent à un certain niveau de stratification de la société. Le turban est à la fois un insigne de pouvoir et un symbole de connaissance.
Le Fouta Djallon: Aperçu historique
c’est l’une des 4 régions naturelles de la Guinée liberée de la colonisation française, encore appelé Moyenne Guinée, au 18ème siècle, cette partie montagneuse et point de départ de nombreux fleuves régionaux comme la Gambie, le Niger ou le Sénégal a vu se développer un état fédéral appelé royaume théocratique du Fouta Djallon et composé de 9 provinces. .
En un peu plus d’un siècle et demi d’existence, le Fouta Théocratique a fait montre d’une grande organisation et expérimentera des techniques démocratiques en cours dans les démocraties actuelles comme: L’alternance, le droit de grâce notamment.
De 1725 à 1896, le royaume qui s’est étendu vers Boké s’agrandira aussi vers la Guinée Bissau actuelle appelée Ngabou.

 
Le turban est une bande d’étoffe de trois à 4 coudées que l’on utilise pour ceindre la tête d’une certaine catégorie de personnes, notamment les chefs religieux, les chefs politiques et les maîtres de la parole. A chacune de ses trois catégories sociales, correspond un type de turban.

 
Le turban religieux ‘’metelool dinah ‘’

C’est un turban qui s’acquiert au mérite et est l’équivalent d’un diplôme qu’on obtient en achevant le cycle des études coraniques.
On dit alors que le préposé à atteint le « tafsir », c’est à dire la clôture du livre saint. L’aspirant Thierno devra lire de la sourate Nassroulaye à celle d’introduction la Fatiha ou de Qoreich à la Fatiha avant d’en faire la traduction et l’exégèse.
Une cérémonie est alors organisée pour permettre au requérant de s’illustrer devant un collège de personnes choisies pour superviser l’épreuve et devant le formateur.
A cette occasion un bovin est sacrifié et du pain blanc est distribué à l’assistance.Ce pain blanc est appelé en pular ‘’thiobbal alluwaal’’et était fait à bas de pate de riz dilué dans du miel.
A l’issue de l’épreuve, un turban est placé sur la tête du requérant par son maitre et dès lors son nom est précédé du titre de Thierno.
Ce couronnement n’a lieu que les vendredis et des candidats du même village peuvent être emmenés à franchir ensemble l’étape.


Le turban de la chefferie ‘’metlool laamu’’


C’est un insigne du pouvoir et l’équivalent de la couronne dans d’autres monarchies.
Son port est exclusivement réservé à ceux qui doivent exercer le pouvoir politique dans les provinces ou au sommet de l’Etat fédéral du Fouta théocratique d’avant.
Cette tradition est née sous la régence de l’Almamy Ibrahima Sory Maoudho, deuxième souverain de l’Etat du Fouta Théocratique qui s’était fait introniser à Fougoumba, capitale religieuse.(Almamy désignait celui qui exerçait le pouvoir politique et désigne celui qui dirige la prière dans une mosquée aujourd’hui, le terme est une déformation du mot arabe Al Imam)
Le rituel se répétait chaque fois qu’il y avait un nouveau chef ou qu’un dauphin succédait au roi.
Chaque chef était désigné alors sous l’appellation d’Alpha qui précédait désormais son nom comme dans le premier cas.


Le turban des maitres de la parole ’’Metelool Farba’’


Contrairement aux deux premiers qui sont blancs, le turban du Farba était rouge. Le Farba aussi était soumis à la même rigueur que les Thierno ou presque car il devait maîtriser le coran comme le premier et en plus connaitre l’histoire, les liens sociaux, avoir une dextérité orale sans faille.
Etre Farba nécessitait aussi, de postuler à la cour du chef qu’on voulait servir et de fournir un cadeau digne d’un roi pour être retenu.


Autre catégorie de turban ‘’metelool hadjou’’


Cette dernière catégorie peut être portée par n’importe quel homme ou femme qui fait le voyage pour les lieux saints en pèlerinage tel que voulu par l’islam. Il ne nécessite ni un rang social spécial, ni un savoir spécifique hormis celui d’accomplir convenablement les rites du pèlerinage. Et mieux, ce turban est commercialisé et serait acheté par le pèlerin.


Bon à savoir :
– Dans l’histoire du Fouta sur les 14 Almamys qui se sont succédés au trône, un seul n’a pas été couronné à Fougoumba. Il s’agit du rival et frère de Boka Biro (héros national pour avoir résister à la pénétration coloniale française) Alpha Mamadou Pathé Barry.
– Chaque chef du Fouta théocratique était un Thierno avant d’être Alpha, donc avait la maitrise des saintes paroles (le Coran).
– A la mort du titulaire d’un turban religieux, hormis le linceul, sa couronne (

credit photo: Foutaweb

le turban) qu’il portait est la seule chose qui pouvait être mise en terre avec lui.

Top 10 des axes routiers les plus dangereux de la ville de Labé

De loin le plus grand parc moto du pays, Labé est aussi un lieu où les accidents sont légions.
Dans cette peinture peu élogieuse de la cité de Karamoko Alfa, 10 endroits sont réputés être les plus dangereux. Un petit sondage réalisé sur des usagers de la route, en majorité des conducteurs de taxis motos, a permis d’aboutir à ce billet.
De l’avis général, la palme revient à, dans l’ordre :
1- Le Virage ‘’S’’ :
Situé dans le quartier Safatou sur la nationale 1, à 6 km du centre ville, il porte ce nom parce qu’il est en fait une succession de virages.
Pendant de longues années, l’endroit a été le théâtre de chutes mortelles. La présence d’un club de nuit, installé dans le parages et en bordure de route au début des années 2000, a longteps expliqué la fréquence des accidents.
2- Le carrefour Radar :
Situé sur la même nationale, trois km plus loin que le virage ‘’S’’, ce lieu est ainsi nommé parce qu’il permet d’aller vers l’ancienne installation du radar. Associée au flux de la nationale, sa proximité avec plusieurs complexes hôteliers et clubs de nuit en font un endroit dangereux. Il ne se passe presque pas de jours sans qu’un accident n’ait lieu à cet endroit.
3- Le carrefour Bilal
Grande intersection reliant le centre ville au vieux quartier Daka et le quartier Mosquée à la banlieue Est. La route prend naissance au niveau du portail Est de la mosquée de Karamoko Alfa et se poursuit sur une pente abrupte d’environ 3%. L’endroit idéal pour permettre à des conducteurs peu prudents de s’encastrer.
4- Le rond point du Tinkisso
Sans doute le coin le plus animé de la ville de Labé. Vivant d’une aube à la suivante, le sens giratoire au niveau de ce grand carrefour est particulièrement problématique. Et c’est sans compter la présence insolite de bœufs en tout temps sur les lieux.
5- La sassée :
Qui n’a jamais entendu parler du mythe de la dame-génie de la sassée ? Cette femme, disait-on, occasionnait les accidents au gré de ses humeurs fluctuantes. Le lieu était aussi connu pour être un endroit qu’aucun chef ne doit traverser au risque de se voir évincer. Vrai ou faux, quelques mois avant sa tragique descente aux enfers, Dadis Camara – qui s’était emparée du pouvoir en 2008 pour devenir président de la junte – avait bravé l’interdit. Le résultat se passe de commentaires.
6- Carrefour Thyndel :
Situé sur la corniche de Konkola en direction du stade régional, ce carrefour est rendu dangereux par la proximité du marché et du stade, sans oublier que l’une des plus grandes écoles de la vile, le lycée Wouro est domicilié dans les parages. Il y a trois ans un des accidents les plus traumatisants de ces dernières années s’y est tenu : un camion de sable a écrasé un vieil homme.
7- Le pont Alhamdou :
Situé à la lisière des quartiers Daka et Mairie et coupé par l’axe Hoggo Mbouro et carrefour Bilal, la pente dangereuse de 4% est un vrai guêpier que le manque de courtoisie dans la circulation transforme en carrefour de la mort.
8- Carrefour Enco 5 :
Ce carrefour est situé entre les quartiers Tata I et Tata II et se situe sur la route du camp militaire, le carrefour ainsi appelé à cause de sa proximité de l’ancienne base de cette entreprise qui évolue dans les travaux publics. La route est une transnationale qui mène vers le Sénégal et ces derniers temps surtout, les accidents y sont innombrables.
9- Le carrefour Hoggo Mbouro :
Situé en plein centre ville, il marque une limite entre Kouroula, Mairie et Daka, trois des plus vieux quartiers de la ville. Une pente abrupte située au niveau du complexe Hoggo Mbouro empêche les usagers venant de Tata ou Daka de voir leur vis-à-vis à temps et cette absence de visibilité temporaire s’avère souvent fatale.
10- Le rond point de l’hôpital régional :
Plus vieille intersection de la ville et la plus usitée de nos jours encore, ce rond-point est au cœur du centre urbain et se situe à la façade d’entrée de l’hôpital régional. Sa situation un peu inclinée constitue un danger permanent, à toute heure de la journée.

Toutefois, hormis ces endroits, si vous restez ‘’fair play’’ dans votre conduite, vous avez le temps de vous délecter du charme hospitalier de la cité de Karamoko Alfa.
De passage à Labé, prenez soin de vous et tuez la vitesse pour épargner des vies humaines.